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2011.04.29

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La Revue de la Presse Congolaise du Vendredi, 2011/04/29 | Par Congo Forum

Une fois de plus, les élections se hissent à la place d’honneur dans la presse. Le sujet vedette est la publication ce week-end par la CENI de la dernière version du calendrier électoral. La presse se fait également l’écho de la crise de leadership au MLC et continue à commenter le meeting de l’UDPS. Les événements du Bandundu continuent aussi à recevoir leur lot de commentaires.

Calendrier

« Ce samedi : Proclamation du calendrier électoral » annonce Le Climat Tempéré, qui précise : « C’est ce samedi que la CENI va rendre public le calendrier électoral tel qu’élaboré à l’issue de l’atelier tenu fin mars à Lubumbashi. La rencontre aura lieu au Sultani Hôtel, à la Gombe, à 11 heures, en présence des corps constitués de la République.

Sous la houlette de son président, pasteur Daniel Ngoy Mulunda, la CENI a procédé à une large consultation de ses partenaires, des partis politiques, des forces de la société civile et des confessions religieuses pour obtenir le plus de consensus possible autour de ce calendrier de manière à ce que tous les acteurs se sentent impliqués dans le processus. »

AfricaNews annonce l’officialisation samedi à Kinshasa de la « Dernière version du calendrier électoral » et insiste lui aussi sur le fait que le Pasteur s’est donné beaucoup de peine. « En effet, après avoir écouté, expliqué, s’être fait expliquer, discuté longuement et franchement avec les acteurs politiques et de la société civile, les partenaires financiers et techniques…Après avoir approché l’oeil de la communauté internationale en RDC, notamment la Monusco, soumis ses doléances aux responsables des commissions électorales soeurs et obtenu de leur part des garanties d’appui…Après avoir dégagé un consensus sans hypothéquer l’indépendance de sa puissante machine, le président de la CENI a mis la dernière main sur la version finale du calendrier électoral, a-t-on appris jeudi à Kinshasa.

Mulunda se propose de l’officialiser samedi 30 avril à Kinshasa, lors d’une cérémonie publique. ». En attendant la confirmation du président de la CENI, la présidentielle aura lieu en novembre 2011, probablement entre les 25 et 27.

L’Avenir nous dit que « le calendrier électoral sera connu ce samedi » et annonce la fin du suspense, le calendrier électoral sera connu ce samedi, et la Ceni, écrit ce quotidien, ôte aux frondeurs le prétexte de rêver à un quelconque report des élections avec possibilité d’une petite transition. La veille, le président de la Commission électorale nationale indépendante, le pasteur Daniel Mulunda, s’adressant à la société civile, avait déclaré que les élections se tiendront avant le 6 décembre 2011, date de la prestation de serment du président élu. L’autre élément de suspense, c’est celui du découplage ou non des élections législatives et la présidentielle.

Là aussi, selon L’Avenir, le pasteur avait dit que les deux scrutins seront couplés. Il se demande si la publication du calendrier est possible avant de connaître la loi électorale actuellement en discussion dans la commission juridique de la chambre basse du parlement. Beaucoup de choses risquent de changer dans cette loi. Il revient à la CENI d’apprécier. En effet, estime ce journal, dès le moment où on connaît les grandes options de l’organisation des élections, options qui seront coulées dans la loi, on peut élaborer un calendrier sans s’attendre se voir empiété par la loi ou empiéter sur la loi.

Pour L’Avenir, la publication du calendrier électoral s’impose dans la mesure où la conjecture actuelle et les déclarations de guerre qu’on entend de nos jours ne pourront cesser qu’avec la publication de ce calendrier.

MLC

Au sujet de la présidentielle de 2011, Le Palmarès affiche en manchette : « Candidature confirmée de Bemba : une équation pour l’opposition ».

La crise qui a éclaté au Mlc a comme véritable fond la question de la candidature tant attendue de Bemba à la présidentielle. François Mwamba paie pour avoir dit sur RFI que cette candidature n’était pas réaliste. Sans détour, le Mlc refuse de s’aligner sur la candidature de Tshisekedi. Le Collège des fondateurs de ce parti l’a clairement fait savoir à tout qui l’a approché en aparté.

UDPS

Le Climat Tempéré publie, avec l’habituel décalage lié à sa périodicité, deux articles sur le meeting du 24, rattrapant ainsi ses confrères de la presse quotidienne. Le premier, sous le titre « Tshisekedi a frappé ! » est un reportage sur ce meeting.

« La sortie réussie de l’UDPS dimanche dernier au stade Tata Raphaël a fait tomber pas mal d’illusions dans la classe politique nationale. D’abord du côté de la majorité au pouvoir, plus précisément au PPRD, où certains hauts cadres du parti présidentiel affirmaient jusque-là, qu’ils avaient mis les Kinois dans leur poche, à force de battage médiatique et d’une débauche de moyens sans précédent.

Quelques mois seulement après son retour au pays, après quatre ans d’absence, Etienne Tshisekedi a apporté la preuve que sa popularité n’a pas pris une seule ride, malgré son absence volontaire aux joutes électorales de 2006. Sans moyens importants, sans bus loués ou réquisitionnés, sans per diem, il est parvenu à remplir un stade de 50.000 places, jusqu’à ses abords, par des dizaines de milliers militants fidèles. Dans une ville de près de 10 millions d’habitants comme Kinshasa, ce n’est sans doute pas une performance exceptionnelle. Mais combien sont-ils à pouvoir le réaliser ? Combien peuvent mobiliser autant d’adhérents, dont certains sont arrivés et repartis à pieds ? Et dire que c’était un dimanche de Pâques et que des milliers d’autres sympathisants étaient retenus dans leurs églises et temples !

Beaucoup d’illusions sont également tombées chez bon nombre d’opposants tentés de s’essayer dans la course présidentielle. Etienne Tshisekedi apparaît aujourd’hui pour beaucoup comme le leader incontesté de l’opposition, et la personne idoine pour conduire celle-ci à une victoire éventuelle aux prochaines élections. Après sa démonstration du dimanche, l’UDPS a apparemment récupéré sa place de première force politique de l’opposition dans la ville de Kinshasa, une place occupée par le MLC de Jean-Pierre Bemba en 2006, à l’issue des élections dont l’UDPS avait décrété le boycott.

Ce n’est pas un hasard si tout ce que Kinshasa compte comme partis de l’opposition, a délégué, dimanche, chacun son représentant à la tribune d’honneur du stade Tata Raphaël. Une belle revanche sur l’histoire, pour le sphinx de Limete que l’on donnait pour fini il y a encore quelques mois, le disant atteint par la limite d’âge, miné par la maladie, et dont les cadres se livraient à des querelles fratricides de leadership.

Dans ce vaste territoire qu’est la RDC, Etienne Tshisekedi n’aura certes pas la force physique nécessaire pour battre campagne personnellement, le moment venu. Mais il s’est préparé à cette éventualité, en s’entourant de jeunes lieutenants enthousiastes et déterminés, à l’image des apôtres chargés d’apporter la bonne nouvelle du messie.

Une bonne nouvelle qui, chez Tshisekedi, se démarque nettement des débats politiques en vogue sur les écrans de télévisions où l’on débat sur le sexe des anges, pour se focaliser uniquement sur les préoccupations les plus basiques de la grande majorité des Congolais, comme l’accès à l’eau et à l’électricité, les soins médicaux, la déscolarisation des enfants, le chômage, l’enrichissement sans cause des élites, la corruption, les contrats léonins,…

Bref, des choses que tout le monde voit, mais dont personne ne veut parler. Tshisekedi a lancé un appel demandant aux partis d’opposition de se joindre à lui, pour que l’on sache sur qui l’on doit ou ne doit pas compter dans la perspective de la présidentielle annoncée. Mais Tshitshi doit savoir faire preuve de tact politique vis-à-vis des autres opposants. On a besoin de tout le monde .Il faut prêter attention même à ceux qu’on croit ne pas représenter grand ‘chose. Chaque apport, soit-il minime, compte.

Personne ne gagnera seul les élections. C’est ce que, semble-t-il, l’on a compris dans le camp d’en face, où l’on est tout en rond de jambes de manière à éviter toute dispersion. Pour beaucoup, dans le camp de l’opposition, le tiercé gagnant contre le camp Kabila serait : Tshisekedi , candidat unique pour la présidence ; Vital Kamerhe, positionné pour la Primature, et Jean Pierre Bemba-dont la sortie de prison ne relève plus d’un rêve absurde après que le procureur de la République Centrafricaine l’a lavé des souillures que lui impute Moreno Ocampo de la CPI-pourrait occuper le poste moteur de président de l’Assemblée nationale, où il se reposerait d’une certaine manière des tribulations vécues ces cinq dernières années en attendant de briguer la présidence en 2016.

C’est ce que Kamerhe a appelé le « triangle nucléaire ». Il serait aux yeux de certains imbattable, tant pour la présidentielle que pour les législatives. Quel antidote y aurait-il contre tous ces ingrédients réunis : la popularité de Ya Tshitshi, la fougue populiste de Kamerhe, et l’aura mythique de Igwe, mis en commun pour un même combat afin de gouverner ensemble? Mais, sera-ce possible ? »

A côté de ce compte-rendu – peut-être un peu trop enthousiaste – assez semblable à ceux que l’on apu lire lundi dernier, il s’imposait d’avoir un article de réflexion. Il y est, dans LE BILLET « Les temps ont changé », qui nous dit :

« La grand’messe officiée par Etienne Tshisekedi, le dimanche de Pâques, pour commémorer le 21ème anniversaire du multipartisme en RDC, a pris les allures d’un véritable meeting de campagne ! Ils étaient venus par milliers au stade Tata Raphaël pour voir de leurs yeux et écouter celui que d’aucuns considèrent comme le père de la démocratie dans ce pays. Il n’a jamais pris les armes pour conquérir le pouvoir, il ne s’est jamais battu qu’avec le verbe et par les méthodes pacifiques, il est la figure emblématique de l’opposition congolaise. Il faut dire que les organisateurs se sont vu assurer le succès de la manifestation du fait de l’ambiance de défi qui en a entouré la tenue. Il avait en effet fallu aux dirigeants de l’UDPS batailler ferme pour obtenir que ce rassemblement populaire se tienne.

Alors que la loi autorise les manifestations publiques, pourvu d’en informer à l’avance les autorités publiques pour les besoins du maintien de l’ordre public, l’on sait qu’il n’est pas facile de tenir meeting ici. Surtout pour les partis de l’opposition. La déclaration d’organisation de meeting à déposer auprès de l’autorité officielle compétente s’est finalement muée en une demande d’autorisation. Alors, les gouvernants s’appuient sur le moindre prétexte pour faire reporter ce type de manifestation, pour faire annuler ou pour en interdire purement et simplement l’organisation. Pour ce dimanche, 24 Avril, l’UDPS avait prévenu que sous aucun motif cette réunion n’aurait pu ne pas avoir lieu. Mais l’on avait ensuite voulu délocaliser la manifestation, parce que le stade est en réfection, disait-on.

L’UDPS n’a rien voulu savoir. A se demander d’ailleurs pourquoi cette fixation sur le stade Tata Raphaël. On eût compris si c’était la place « Pont Cabu », l’un des lieux symboliques sur l’itinéraire de Tshisekedi comme opposant à la dictature de Mobutu. Qu’importe, l’UDPS voulait ne rien lâcher. Même lorsque furent avancées des raisons sécuritaires. Car les murs de ce stade en dégradation avancée présentent des lézardes importantes susceptibles de laisser déboucher sur une tragédie en cas de bousculade parmi la foule. Le défi de l’organisation levé, restait le défi de la participation. Lors de la signature de la Charte de la Majorité présidentielle, quatre-vingt partis et associations affiliées n’avaient pu remplir même de moitié le petit stade vélodrome de Kintambo. Pour l’UDPS, il fallait réaliser « le Bercy », comme disent les Kinois. Sans promettre une quelconque collation à personne.

Ne comptant que sur la conviction et l’adhésion des participants. Pari entièrement gagné ! Tout s’est déroulé dans une discipline exemplaire. En fait, de la même manière que ce sont généralement les policiers de la circulation routière qui sont la base des embouteillages sur nos routes, ce sont les agents de l’ordre qui souvent font déraper les manifestations. Ce dimanche, rien de tel. Voilà pour la forme ! Quant au fond, c’était finalement moins de commémoration du multipartisme qu’il était question. Il s’est agi rien moins que de la mise sur orbite du « Tshisekedi président », une dynamique lancée il y a quelque temps par quelques ténors de l’opposition. L’on se serait cru à une convention d’investiture du candidat à la présidence de la République. Ce dernier ne s’est pas laissé prier. Il a endossé la posture.

Avec des propos enflammés. D’abord, pour faire bonne mesure : l’état des lieux. Catastrophique ! Ce qui ne va pas (et que donc il se fait fort de corriger) : la corruption généralisée qui gangrène le système ; les contrats léonins que des dirigeants véreux négocient pour s’en mettre plein les poches ; les violations massives des droits de l’homme ; la mauvaise gouvernance ; l’accentuation de la misère du peuple ; les accrocs à la libre expression de la démocratie ; la prise en otage du processus électoral pour piéger les élections et s’incruster au pouvoir… Et puis, le tocsin : « Quoi qu’il en soit, le 6 décembre 2011, le mandat de Kabila est terminé »…Délire populaire! … Et « il vous reviendra à vous, peuple, de faire comme vous déciderez ». Les mots du leader sont happés par l’écho des chœurs croisés : Tunisie ! Égypte ! Gbagbo !… Scande-t-on dans la foule.

C’est ici qu’il convient sans doute de relativiser le propos du lider maximo peignant tout en noir dans ce pays. Ce spectacle là en lui-même, n’est-ce pas un témoignage éloquent des progrès que réalise ici sous nos yeux la démocratie congolaise ? Mieux que n’importe quel développement savant, la tenue même de ce genre de meeting, où ouvertement, sous le regard de la police, l’on vilipende le pouvoir en place, donne toute la mesure des transformations survenues dans ce pays depuis ce jour là du 24 avril 1990, lorsque Mobutu saborda son pouvoir autocratique, sous l’action conjuguée des pressions internes et externes.

En ont-ils conscience tous ceux, surtout les plus jeunes, qui dimanche braillaient à tue-tête des insanités sur le pouvoir ? Se rendaient-ils compte que leurs imprécations mêmes étaient autant d’alléluias lancés pour célébrer la démocratisation et donc rendre témoignage à un certain esprit nouveau du pouvoir d’État chez nous ? C’est ici le lieu de souligner que cet état d’esprit que l’on voit aujourd’hui n’était pas hier. La route menant à la nouvelle ère politique du 24 Avril est jonchée d’exécutions et de massacres, d’avancées et d’échecs, de contestations et de révoltes. La lutte pour la démocratie est une quête permanente. La démocratisation n’est pas un processus irréversible. Chaque pas a son mérite. Aujourd’hui comme hier. »

(Il se pourrait en effet qu’au-delà des considérations tactiques à durée limitée, l’UDPS ait démontré ce jour-là que l’on pouvait percer le mur de la « pas campagne, mais… ». Même si démarrer la campagne un an à l’avance-peut-être deux si finalement les élections empiètent sur 2012 -, c’est faire très fort, il est un fait que les « campagnes anticipées » ou « précampagnes » -peu importe le nom qu’on leur donne – sont une chose qui existe depuis longtemps. Mais il y avait, dans la « pas campagne, mais… », deux éléments. L’anticipation n’était que l’un d’eux. L’autre consistait à réserver le « droit d’anticipation » à un camp, en forçant l’autre au silence, sous prétexte, précisément que « ce n’est pas encore la campagne électorale ». Ce fut l’arme utilisée il y a un peu moins d’un an pour imposer silence au MLC qui avait tenté de répliquer sur ses émetteurs à des émissions trop « joséphistes » de RTNC.

Utiliser le droit de manifester, comme pour le retour de Tshisekedi, la « tournée » en province de Kamerhe ou le meeting de l’UDPS permet, d’une certaine manière, à l’Opposition de épliquer et de mener, elle aussi, sa campagne électorale anticipée. NdlR).

Bandundu

Sous le titre : « Mort d’hommes à Bandundu-ville : une enquête de plus », Le Potentiel rapporte que l’Assemblée nationale qui s’est penchée jeudi en plénière sur les incidents survenus le 27 avril 2011 à Bandundu-ville, chef-lieu de la province du même nom, a refusé de se prononcer. La chambre basse du parlement s’est donc donnée un temps, en attendant les conclusions de la commission d’enquête qu’elle a décidé de dépêcher sur place à Bandundu pour faire toute la lumière sur cette affaire qui a causé mort d’hommes après les altercations entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Une enquête de plus, après l’audition en plénière à l’Assemblée nationale, du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et sécurité, Adolphe Lumanu, sur les incidents, avec mort d’hommes, survenus mercredi à Bandundu-ville. Le journal parle d’une énième commission d’enquête qui va mettre en balance la crédibilité de l’Assemblée nationale. « Ses recommandations seront-elles suivies ? », s’interroge Le Potentiel qui ajoute que le gouvernement est prévenu, et qu’Evariste Boshab a pris soin de le rappeler à Adolphe Lumanu.

La Prospérité souligne que les explications détaillées du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, et du ministre de l’Enseignement supérieur et Universitaire, Mashako Mamba, n’ont pas étanché la soif des députés sur les tristes événements du Campus universitaire de Kinshasa et de Bandundu-ville. Par conséquent, les élus du peuple ont décidé, au cours de la plénière de jeudi, la mise en place de deux commissions d’enquêtes parlementaires, pour faire toute la lumière sur ces troubles.

Le Phare titre: « retombées de l’arrêt de la Cour suprême de justice, le Sénat est illégal » En se vantant de la décision de la Cour suprême de justice le réhabilitant dans ses fonctions de gouverneur de la province de Bandundu, Richard Ndambu était loin de s’imaginer qu’il venait de se faire hara kiri et de porter un coup dur aux institutions de la République. Notamment le Sénat, l’assemblée provinciale, le gouvernement provincial et pire encore toutes les décisions prises par ces institutions. Bref, le gouverneur réhabilité vient de porter une véritable estocade au pouvoir en place et apporter de l’eau au moulin de ceux qui avaient crié haro sur le moratoire de la loi sur la nationalité par l’Assemblée nationale tout à ses débuts.

Selon Le Phare , après les troubles du mercredi 27 avril dans la ville de Bandundu, l’assemblée provinciale de cette province vient de rendre publique une déclaration dans laquelle elle fait savoir que les institutions provinciales, à savoir, le gouvernement, le parlement ainsi que les décisions prises par cette institution pendant quatre ans devraient être

frappées de nullité. Par conséquent, les sénateurs élus de Bandundu ne devraient pas siéger au Sénat national, le gouverneur déchu, Richard Ndambu, étant lui-même une autorité «inconstitutionnelle ». Le Phare constate que le Sénat a donc fonctionné dans l’illégalité, parce qu’ayant en son sein des membres élus par une assemblée provinciale illégale. Bref, pour ce journal, l’arrêt de la CSJ réhabilitant Richard Ndambu et déclarant anticonstitutionnel le règlement intérieur de l’assemblée provinciale de Bandundu est très lourd de conséquences.

«Si l’on devait s’en tenir à cette décision judiciaire, lit-on, l’on devrait annuler tous les actes pris par le Sénat et par conséquent, considérer que la législature actuelle n’a pas existé ». Et le Phare de conclure avec cette question: la RDC serait-elle une république bananière ?

Toujours au sujet du Bandundu mais sur un registre différent, Le Cimat Tempéré consacre un reportage à une partie de cette province, sous un titre qui n’y va pas avec le dos de la cuiller : « Mal aimé du pouvoir ? Le district du Mai-Ndombe, « Bantoustan » congolais ». Il écrit :

« Jadis concession privée ou domaine personnel du Roi Léopold II de Belgique à cause de ses immenses ressources naturelles, le district du Mai-Ndombe, ex-Lac Léopold II, ressemble aujourd’hui à un territoire qui vient d’être découvert. Il n’a rien de moderne en ce vingt et unième siècle. Et pourtant, la région possède de nombreux atouts : des ressources pétrolières non encore exploitées. Il fut un des grands producteurs de caoutchouc, copal, fibres textiles (mponga), noix de palme, bois, etc.… qui ont énormément contribué à la création des industries aussi bien dans la métropole que dans l’ex-Congo Belge. Sa forêt équatoriale est riche en essences de toutes sortes dont le bois et le caoutchouc furent exploités pendant la colonisation et les premières années de l’indépendance par la ‘’FORESCOM’’, une société belge.

Ce district de la province de Bandundu donne aujourd’hui l’image d’une partie du monde n’appartenant à aucun pays ou gouvernement pouvant assurer son épanouissement. Ses habitants n’ont de moderne que les habits qu’ils portent et quelques vieilles bâtisses laissées par les colons belges parmi lesquelles des écoles, centres de santé, hôpitaux, bureaux administratifs, églises construites par des missionnaires catholiques et protestants, ainsi que des magasins des Portugais devenus pour la plupart de simples vestiges de l’histoire. Car, ils sont soit mal entretenus, soit dépourvus d’équipements modernes ou de marchandises.

D’aucuns n’hésitent pas à le qualifier ironiquement de ‘’Bantoustan congolais’’ à cause de sa situation géographique, comparativement au reste du pays. Référence faite aux petits États de l’Afrique australe entourés par leur puissante voisine, l’Afrique du Sud. A la seule différence que ces petites nations de l’Afrique australe ont au moins à leur tête des dirigeants qui se préoccupent de leur développement.

A l’heure actuelle, certains habitants du Lac Mai-Ndombe se posent la question de savoir si leur contrée figure sur la carte de la République Démocratique du Congo comme faisant partie intégrante de cette dernière, tellement ce district est ignoré par un gouvernement dont le chef est paradoxalement un ressortissant de la province de Bandundu.je reviens de Kiri, Kutu, Oshwe. Aucun témoignage du pouvoir kabiliste. Aucun engin de l’Office des Routes.

Peut-être il y en a-t-il dans les territoires de Bolobo, Inongo, Kwamouth, Mushie et Yuki que je n’ai pu atteindre ? Sinon, les cinq chantiers sont un mot abstrait dans le Mai-Ndombe. Au point qu’il ne m’a pas été rare de rencontrer quelqu’interlocuteur se demandant si le district ne subit pas une sanction pour son choix électoral de 2006.

Les écoles sont dans un état de dégradation fort avancée, tandis que les formations médicales et centres de santé ne tiennent encore que grâce à l’aide du Projet d’appui à la réhabilitation du secteur de la santé ‘’Projet-PARSS’’ de l’Union européenne qui les alimente en produits pharmaceutiques et en équipements.

Dans le domaine des infrastructures routières, sur les routes du territoire de Kutu, l’on peut traverser des ponts sur un nombre important de cours d’eau et rouler sur des tronçons routiers assez praticables. Cela, grâce à l’action de certaines organisations nongouvernementales.

En revanche, dans le territoire voisin d’Oshwe, il n’existe ni route, ni pont. La voie, qui mène à Oshwe, à partir du territoire de Kutu, est un véritable sentier qui est difficilement accessible même en moto. Plus encore, aucun pont n’est jeté sur les quatre-vingt-sept (87) cours d’eau qui traversent ce territoire. Ce que la population affuble du nom de « pont » c’est généralement deux ou trois troncs d’arbre placés côte à côte. Cette voie, à l’époque coloniale et quelques années après l’indépendance, une jeep de l’Office congolais des Postes et Télécommunications l’empruntait chaque vendredi pour aller distribuer du courrier venant de Léopoldville à Oswhe, en passant par le territoire de Kutu. Aujourd’hui, la route carrossable a complètement disparu, envahie par de gros arbres sauvages.

Raconter aux générations actuelles des territoires de Kutu et d’Oshwe ce genre d’histoire pour indiquer que le décor s’est totalement déprécié, c’est chercher à se faire qualifier de menteur. Les jeunes de moins de quarante ans ne peuvent, en aucun cas, croire que ce sentier fut en son temps une route que les véhicules pouvaient emprunter et rouler à du 80km/H.

Pour voir un véhicule, les villageois ici doivent aller loin, bien loin. Certains enfants de15 ans qui n’ont jamais quitté la contrée n’ont aucune idée de ce qu’est un véhicule. D’autre part, les voies fluviales Kinshasa-Inongo et Kinshasa-Oshwe ne sont plus exploitées par la Société commerciale des transports et ports ex-ONATRA. C’est dire que les ports de cette société commerciale sont totalement abandonnés et les bateaux n’y arrivent plus.

Sur le plan économique, le Mai-Ndombe compte très peu d’entreprises. Au nombre de cellesci, la SODEFOR (Société de développement forestier) qui emploie plusieurs centaines de travailleurs et aide les populations riveraines pour leur déplacement et l’évacuation de leurs produits agricoles et de pêche vers d’autres centres de consommation.

Outre la ‘SODEFOR’’ qualifiée à juste titre de ‘’la GECAMINES de Bandundu ’’, il y a La Société du Bois ‘’S.B.’’, l’I.T.B., Vodacom et Airtel qui y opèrent également. Le Mai-Ndombe est l’une des parties de la République qui n’ont reçu que fort ponctuellement une visite du chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange. Le souhait de la population est qu’il vienne y passer au moins une petite nuit dans n’importe quelle ville de ce district de Bandundu.

A voir l’état actuel du Mai-Ndombe, on est tenté de croire qu’il y a bien longtemps que cette contrée n’a plus figuré dans les rubriques du programme du gouvernement de la République. Voilà pourquoi, les populations reprochent aussi aux hommes politiques originaires du Mai-Ndombe de n’avoir rien fait, soit pour investir dans leur contrée où ils vont chercher des mandats électoraux, soit pour y amener des investisseurs. Ces hommes que les mêmes populations accusent de s’ériger en goulots d’étranglement pour l’émergence d’une nouvelle classe politique dans le Mai-Ndombe ne visitent leur contrée qu’à la veille des échéances électorales pour y aller distribuer des t-shirts, du sel, de la bière, des cahiers et autres biens de consommation. Distribuer de petits cadeaux ponctuels en échange d’une situation politique bien assise et rentable : quel cynisme tout de même ! »

© CongoForum, le vendredi 29 avril 2011

Written by kipraKongo

2011-04-29 à 10:27

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