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2011.04.12

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La Revue de la Presse Congolaise de ce Mardi, 2011/04/12 | Par Congo Forum

Les élections demeurent le sujet dominant d’actualité. Certains journaux kinois tentent de décrypter la visite que Joseph Kabila a rendue au patriarche Antoine Gizenga.  D’autres se penchent encore une fois sur la situation très spéciale du MLC. Tous traitent de la révision de la loi électorale dont une proposition a été rejetée à l’Assemblée nationale. Il est aussi question du procès des assassins de Floribert Chebeya.

Élections / G1000

Une fois n’est pas coutume : commençons par les plus pessimistes. L’Observateur titre : « Convaincu que les élections n’auront pas lieu dans les délais constitutionnels : Le G1000 propose une voie de sortie pour l’après 6 décembre 2011 »

 » Avec l’échec programmé du processus électoral actuel, nous allons dans une impasse et le pays risque de sombrer comme la Cote d’Ivoire et la Libye « . C’est la conviction ferme de Serge Gontcho, président de la Synergie des forces sociales mieux connue sous le nom de G1000,  » 1.000 citoyens honnêtes au service du Congo « .

Dans son mot de circonstance, lors de la présentation de l’équipe provinciale du G1000/Kinshasa le dimanche 10 avril 2011,Serge Gontcho a rappelé les péripéties par lesquelles le processus électoral de 2006 est passé. Notamment l’affrontement de trois jours en pleine capitale par les troupes des deux candidats du deuxième tour. Pourtant, fait-il remarquer, le processus avait bénéficié d’un accompagnement intense et intéressé de la communauté internationale. Ce qui n’est visiblement pas le cas du processus électoral de 2011.  »

Il y a une crise qui s’annonce. En privé, les politiciens qui disent pourtant le contraire à la télévision, expliquent qu’ils ne croient pas à des élections crédibles, libres, transparentes et démocratiques dans les délais constitutionnels. Nous sommes à sept mois de la fin de la législature. Cela veut dire qu’on aura constitué le fichier électoral, organisé les élections, la remise et reprise et l’installation des nouvelles institutions dans ce laps de temps. Je ne trouve pas cela crédible lorsqu’on est encore à peine en train d’inscrire, sans réelle garantie de succès, les électeurs. Nous allons droit vers une impasse « , assure le président du G1000.

Raison pour laquelle son organisation, qui voit déjà la crise arriver après le 6 décembre – date à laquelle le nouveau président devra avoir prêté serment – propose une voie de sortie. Elle propose des concertations au sein de la classe politique qui seraient initié par les chefs des confessions religieuses – catholiques, protestants, musulmans – représentant des institutions dans lesquelles les Congolais ont confiance. Le G1000 a adressé un courrier dans ce sens au président de la Conférence nationale épiscopale du Congo (CENCO), au président de l’Eglise du Christ au Congo, au président de la Communauté Islamique du Congo (COMICO) et au cardinal Monsengwo. En leur demandant de prendre leurs responsabilités pour que le pays ne sombre pas encore une fois dans le chaos. Et pour que ce ne soit pas toujours des étrangers – Sud-Africains ou autres – qui mettent les Congolais ensemble pour décider de leur destin.

Dans les jours qui suivent, le G1000 compte aussi rencontrer les responsables des principaux mouvements politiques du pays pour partager avec eux ces préoccupations. Sera-t-il entendu ? L’avenir nous le dira. En attendant, cette Synergie des forces sociales continue à asseoir son assise sur le territoire nationale. Son président provincial pour la ville de Kinshasa, Simon Mpasi, a présenté au cours de cette réunion l’équipe avec laquelle il compte conquérir la capitale. L’ambition du G1000 est de former les Congolais à une citoyenneté responsable.  » Le Congolais doit se sentir citoyen d’un pays appelé Congo et agir en conséquence avec toute responsabilité « , dit-on au G1000. Cela, afin de redevenir le vrai maître de son destin et offrir aux générations présentes et futures des lendemains à l’opposé de l’incertitude et de la misère actuelle dans laquelle pataugent les Congolais.

Élections/ Majorité

A quelques mois des élections, le bloc nationaliste fourbit ses armes, constate Forum des As, qui titre : « 2011 : l’axe Kabila-Gizenga se maintient ». Il note que la visite, lundi 11 avril, de Joseph Kabila chez Antoine Gizenga en ce moment crucial ne pouvait être dénuée d’arrière-fond politique.

Le Raïs tiendrait à réaffirmer son alliance idéologique avec le Palu qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D’autant que cette rencontre survient au lendemain de la création de la Majorité présidentielle (MP) dont la problématique de l’attelage avec le Palu ou de l’adhésion de ce grand parti est une des clés de la stratégie présidentielle par rapport aux enjeux électoraux.

Selon ce journal, en se rendant chez le patriarche Gizenga, J. Kabila confirme son ancrage dans le camp qui est le sien depuis l’aube de l’indépendance, à savoir la famille nationaliste.

Élections / Loi électorale

« Malheur aux pauvres ! » titre Le Climat Tempéré pour son BILLET, consacré au projet de caution. Les députés vont donc devoir s’empoigner autour de la loi électorale. Les échanges promettent d’être passionnés. D’autant qu’il s’agit d’une question dans laquelle les parlementaires eux-mêmes sont partie prenante, étant appelés bientôt à concourir pour le renouvellement de leur mandat. Établir les règles d’une compétition à laquelle l’on doit soi-même prendre part ajoute forcément au débat une dose de subjectivité. Au-delà, l’élaboration de la loi électorale constitue en soi un enjeu électoral. Dans la mesure où le camp majoritaire qui possède la décision de vote aurait tendance à jouer déjà sur le tapis vert les résultats du scrutin à venir.

L’on pense par exemple ici à l’introduction du système majoritaire.  La proposition n’est pas exempte de calculs politiciens que beaucoup ont vite fait de dénoncer. Ainsi le président national du Rassemblement congolais pour la démocratie ‘’RCD’’  déplore-t-il que la nouvelle loi électorale  soit « inique dans sa conception»,  par le fait qu’elle projette de mettre en place un système majoritaire au lieu du proportionnel existant. Pour  Me Azarias Ruberwa, tout ceci est dicté  par «la volonté que nous avons lue dans le chef de la majorité ces derniers temps.

Partant de la révision constitutionnelle, ils veulent en fait consacrer à l’avance l’élection de leur candidat à la présidentielle. C’est la pire des choses que nous puissions faire à  notre pays ». Après toutes ces négociations politiques et la transition que la RDC a connues, estime le président national du RDC, ce pays ne peut revenir de sitôt à un système majoritaire «qui va consacrer que le gagnant aie tout et le perdant n’aie rien».  L’on sait en effet que ce système porte un handicap sérieux à la représentation des minorités à l’Assemblée nationale. Un autre sujet qui d’ores et déjà fait polémique, c’est la caution électorale.

Ici, Jésus de Nazareth devrait revoir son évangile, qui a proclamé : « heureux les pauvres » ! Au demeurant, dans les Eglises du réveil, l’on n’a pas attendu le mot d’ordre du Maître. Il y est habituellement enseigné « qu’être pauvre est un péché ». En tout cas la nouvelle loi électorale en donne une démonstration nette. Les prochaines élections présidentielles et législatives vont exclure ceux qui sont dépourvus de moyens.

La loi électorale en discussion au Parlement énonce : qu’il doit être joint à la déclaration de candidature, un récépissé de dépôt, au nom du candidat, d’une caution remboursable de 100.000USD, pour le candidat président de la République, et de 5000 USD, pour le candidat député national, versés dans le compte du Trésor public. Par rapport à 2006, la caution électorale pour la présidence de la République est augmentée de 4.750 USD, soit un taux d’accroissement de 2000%, et la caution pour la députation nationale est majorée de 50.000 USD, soit une augmentation de100%.

D’ores et déjà les réactions fusent de toutes parts. D’aucuns se disent que c’est tout de même un minimum que l’on ne laisse pas n’importe quel aventurier venir amuser la galerie et prétendre aux plus hautes fonctions de l’Etat sans avoir le minimum. D’autre notent qu’un candidat, surtout à la présidentielle, doit pouvoir compter sur une base. De quelle étoffe serait un candidat dont la base ne saurait même pas  réunir 100.000 USD ? En revanche, les avis opposés  rappellent que notre Constitution réprouve toute discrimination de ce type.

L’Article 13 stipule : « Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique ». En excluant d’office les candidats pauvres des joutes électorales, il est clair que l’on pose là une discrimination basée sur la condition sociale.  C’est anticonstitutionnel.

La caution doit être conçue sur base d’un plancher et non pas d’un plafond.  La caution ne doit pas être un obstacle à l’expression des ambitions. Elle est une formalité qui permet aux candidats de contribuer aussi au financement des opérations électorales. Mais encore, la démocratie exige que le choix de l’électeur ne soit pas inscrit dans un carcan où la limitation imposée des candidats réduit ses capacités de manœuvre et le soumet à une pression inéluctable.

La Tempête des Tropiques titre «  la proposition de loi électorale rejetée ». L’auteur de la motion, le député Tunda Ya Kasenda, a été invité à revisiter son texte et de le ramener devant ses collègues. Jugée mal formulée au cours de la plénière d’hier lundi de l’Assemblée nationale, cette proposition de loi a été rejetée. Le journal souhaite que ces modifications se fassent dans un délai raisonnable. Et ce, pour permettre à l’Assemblée nationale de voter ce texte et de l’envoyer en seconde lecture au Sénat. Sinon, prévient La Tempête des Tropiques, on va assister à une situation capable de compromettre les élections.

Le Phare s’intéresse également à cette proposition de loi qui a été recalée. A la base : la motion incidentielle du député Lumeya Dju Malegi. Ce dernier reproche à son collègue Tunda d’avoir présenté une nouvelle loi électorale, au lieu d’apporter des amendements à celles de 2006 conformément à la constitution révisée.

« La proposition de loi électorale renvoyée à son auteur * Pas question d’adopter une nouvelle loi électorale » commente Le Climat Tempéré.

Alors qu’on attendait une proposition de loi portant révision de certaines dispositions de la loi électorale existante, le texte présenté à l’Assemblée nationale par l’honorable Tunda est plutôt une nouvelle loi électorale. Voilà pourquoi, sur une motion incidentielle du député de l’opposition  Me Lumeya, cette proposition de loi a été purement et simplement renvoyée à son auteur pour un remodelage de la copie.

La décision est survenue hier lundi, à l’occasion d’une plénière présidée par Me Evariste Boshab, speaker de la Chambre basse. Les députés nationaux ont donc rejeté, par une forte majorité, le texte de la proposition de loi portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales à son auteur Me Tunda, député national du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD.

La reformulation de ce texte de loi initié par Me Tunda doit être conforme à l’option dégagée par l’Assemblée plénière au cours d’une séance plénière dirigée par le président de la Chambre basse du Parlement, Me Evariste Boshab.

Dans un texte, le député Tunda doit impérativement dire quels sont les articles de la loi électorale de 2006 qui sont modifiés. Le débat va se focaliser autour de ces articles à amender.

Si le député Tunda ne reformule pas son texte, la plénière pourra alors rejeter sa proposition de loi.  D’ores et déjà, l’on indique que l’un des enjeux majeurs de cette loi, ce sont les idées fortes émises concernant notamment la caution de 100.000 USD pour le candidat président de la République, et celle de 5.000 USD pour le candidat député national.

Une autre idée forte qui ne semble pas partagée par bien des députés, c’est le mode de scrutin.

Il n’est pas question « d’adopter une nouvelle loi électorale », a soutenu le député Lumeya.

Le Potentiel titre: « les députés rejettent la proposition d’une nouvelle loi électorale ». Cent trente cinq députés nationaux sur les cent quatre-vingt-dix présents dans la salle, ont appuyé la motion de Lumeya, obligeant ainsi l’auteur de la proposition de loi électorale à reprendre sa place sans avoir pris la parole.

L’option prise par la plénière de lundi face à cette question rejoindrait les préoccupations soulevées naguère par des ténors de l’Opposition politique. Ceux-ci, rappelle le quotidien, avaient soutenu l’idée d’une adaptation de la loi électorale de 2006 aux nouvelles dispositions constitutionnelles et à l’évolution du climat politique dans le pays.

Même point de vue exprimé par le gouvernement lors du Conseil des ministres du vendredi 25 mars dernier. Il s’est donc dégagé une identité de vues entre pouvoir et opposition sur la nécessité de reformuler la loi électorale dont la CEI s’est servie jusqu’il n’y a pas longtemps, souligne Le Potentiel.

A en croire La Prospérité, le Gouvernement de la République y a décelé trois faiblesses. D’abord au niveau de son intitulé, ensuite dans son exposé des motifs et, enfin, dans le corps du texte. Entre-temps, poursuit le quotidien, le débat de fond s’annonce houleux. Notamment à propos de la caution évaluée à hauteur de 100.000 et 5.000 dollars respectivement, pour la présidentielle et la députation nationale.

Pour L’Avenir: « révision de la loi électorale, ça barde, la majorité vote contre la majorité ». C’est une première qui intervient à la fin de cette première législature de la troisième République. Jamais une loi venant de la majorité n’avait reçu un tel traitement à la suite de la motion de l’opposition. C’est la preuve que dans cet hémicycle, poursuit le journal, on est loin d’être des moutons de panurge.

Élections / MLC

Le Palmarès signale à propos du procès Bemba, que pour le bureau de liaison de la Cour pénale internationale de Bangui, le décès de l’ex-chef de l’Etat centrafricain Ange Félix Patassé n’a aucune influence sur la poursuite à La Haye du procès mettant le leader du Mlc en cause. Et d’ajouter que Patassé ne participait aux procédures judiciaires ni en tant que témoin ni en tant que suspect. Pendant ce temps, le procès se poursuit normalement à La Haye avec la déposition depuis lundi 4 avril du procureur de la République centrafricaine devant la CPI.

Sous le titre « J.P Bemba, toujours présent ! », Le Climat Tempéré y va à son tour de ses commentaires sur la situation au MLC.

« Alors qu’approchent les échéances électorales, l’ombre de JP Bemba, le leader du MLC embastillé à la Haye, hante plus que jamais les bataillons de militantes et militants du Mouvement de Libération du Congo. Espérant contre tout espoir, ils sont certains que le sort de leur leader n’est pas encore scellé et que Baïmoto devrait pouvoir s’aligner au starting block pour les prochaines présidentielles, dans quelques mois. Voilà pourquoi, le mémorandum  adressé le 30 mars dernier par quelques cadres du parti à l’adresse de François Mwamba  a été perçu comme une sale blague au sein du parti.

Voilà donc que pour la première fois, des cadres du MLC envisagent ouvertement la nécessité de remplacer par une autre la candidature naturelle de Jean Pierre Bemba à la présidentielle 2011. C’est un peu comme un crime de lèse majesté. De tout temps, il a toujours paru comme un geste de  trahison d’oser envisager la mise à l’écart de fait du président Jean Pierre Bemba compte tenu de sa situation de prisonnier.

C’est cette attitude qui, contre tout bon sens, a poussé le MLC à toujours considérer que JP. Bemba restait le porte-parole de droit, et donc irremplaçable, de l’opposition. Conséquence, cette structure, prévue par la loi sur l’opposition, n’a jamais pu être organisée. Les opposants terminent donc la législature  sans avoir exploité cette opportunité qui eût sûrement apporté un regain de combativité et de cohérence à leur action commune. Aujourd’hui, les cadres du MLC signataires de la déclaration du 30 mars considèrent sans doute que la situation a beaucoup évolué et qu’il ne faut pas continuer à nier l’évidence de l’impossibilité pour leur leader de concourir pour les prochaines présidentielles.

Cette disqualification de JP Bemba n’est pourtant pas du goût de nombreux autres cadres qui ont tout de suite pris le contre-pied de la déclaration du 30 mars. Samedi, au cours de l’installation du bureau de la Jeunesse Parlementaire du MLC, au siège de l’Interfédérale de Kinshasa, Adam Bombole a désavoué l’initiative des réformateurs. « Jean Pierre est bien le président du MLC. Il n’y en a pas d’autre », a-t-il clamé.

Face à l’agitation qui semble monter, les signataires de la déclaration du 30 mars ont dû se rassembler le dimanche pour repréciser leur propos, tout en renouvelant leur confiance à Jean Pierre Bemba.

«Si toi tu n’es plus avec Bemba, nous aussi nous serons contre toi ». C’est la phrase  lancée samedi au cours du meeting de l’Interfédérale par Jean Lucien Bussa, l’un des cadres les plus fidèles à JP Bemba.  Mais qui est-ce donc ce « toi » ? A qui s’adresse-t-on ? Des informations recueillies lors de la rencontre de samedi semblent indiquer que c’est François Mwamba qui est ainsi toisé.

En fait, explique-t-on, le coup du 30 mars qui a réuni beaucoup de proches du secrétaire général du MLC  était en réalisé à son profit et, sans doute, à son initiative. Bloqué dans ses ambitions par l’omnipuissance de J.P. Bemba qui continue à garder la main sur le parti et à le diriger de sa prison de la Haye, François  Mwamba aurait donc organisé cette espèce de fronde apparemment dirigée contre lui-même  pour secouer les choses.

L’objectif serait d’organiser le fameux congrès et d’y constater l’empêchement du chairman quitte à s’y faire désigner officiellement comme le président faisant fonction et, pourquoi pas, le candidat du MLC à la prochaine présidentielle.  Pour autant, certains  considèrent que François Mwamba  n’a pas l’aura voulue pour représenter un leadership rassembleur et combatif pour le MLC, surtout s’il n’a pas la bénédiction de Jean Pierre Bemba.  Et dans cette incertitude, des voix reparlent de Liliane Bemba, l’épouse du président du MLC, qui reprendrait les rênes du parti en vue de suppléer l’absence de son mari. Elle serait donc la candidate du MLC à la présidentielle, bénéficiant du coup de l’auréole de son époux.

Mais ceux qui analysent le problème autrement réfléchissent comme Delly Sesanga, le président de l’Envol, et notoirement en délicatesse avec le MLC. Pour eux, il serait suicidaire et irresponsable pour le MLC de monter un candidat à la place de Jean Pierre à quelques mois des élections.  Il faudrait plutôt rejoindre le candidat qui sera porté par l’opposition au titre de candidat unique face à Joseph Kabila, le candidat de la  coalition au pouvoir.  Il semble bien qu’autant  François Mwamba que  Liliane Bemba, tous deux Kasaïens, n’auraient aucun remords à apporter leur soutien à Etienne Tshisekedi, dans un pays où les considérations régionales ont une nette emprise sur les élections. Le MLC n’aurait plus alors qu’à jeter toutes ses forces, d’une part pour faire élire le candidat commun de l’opposition, et, d’autre part, pour arracher le plus de sièges possibles de députés de manière à jouer un rôle clé à la prochaine mandature.

(En fait, la question est double, et il a une face interne au MLC, l’autre qui regarde l’Opposition en général.

Le problème interne, c’est d’organiser la succession d’un leader fondateur toujours vivant, sans que cela mène à des anathèmes ou à des scissions et sans que cela affaiblisse la position de Bemba à la CPI. Cela se complique du fait que la base traditionnelle du MLC est dans l’Équateur et que les « intérimaires » possibles n’en sont pas originaires.

Le problème de l’Opposition est lié au choix de la tactique : « triangle nucléaire » ou « candidature unique ». La candidature Bemba était envisagée en général dans l’hypothèse du « triangle » dont les trois sommets seraient Tshisekedi, Bemba et Kamerhe. Dans cette hypothèse, la présence de Bemba est souhaitée à cause de son électorat traditionnel de l’Équateur, celui qui est le plus susceptible de bouder un(e) candidat(e) « non-originaire ».

Or, il est à peu près certain que « l’intérimaire », qu’on choisisse Madame ou l’un des membres de l’équipe dirigeante, serait un Kasaïen élu en 2006 à l’aide de voix « empruntées » à l’UDPS.

L’hypothèse la plus logique est que ces électeurs, « accidentellement MLC » en 2006, vont cette fois s’empresser de voter UDPS à la Chambre et Tshisekedi à la présidentielle. Dès lors, le « triangle » n’en serait plus un, les voix MLC de l’Équateur risquant de se perdre, cependant que celles du Kasaï se confondraient dans celles de l’UDPS. NdlR).

Chebeya

Le Potentiel titre : « procès Chebeya, le ministère public confirme l’existence d’une association de malfaiteurs ». L’audience d’hier lundi marque la fin des plaidoiries des avocats des parties civiles et le début du réquisitoire de l’organe de la loi contre les assassins présumés de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana.

« Au sujet de ceux qui sont connus indirectement par le colonel Daniel Mukalay, le ministère public a cité jacques Migabo et Blaise Mandiangu. Ici, l’organe de la loi a relevé que dans un SMS adressé au colonel Daniel Mukalay par Christian Ngoy le 1er juin 2010 à 17h29’, il lui a écrit : « Je suis avec le challenger et le petit Jacques ». Pour l’organe de la loi donc, Christian Ngoy ne pouvait pas lui parler de Jacques Migabo si le colonel Mukalay ne connaissait pas ce dernier.

A propos du rôle assigné à Michel Mwila par le cerveau de la bande, l’organe de la loi a affirmé que c’était d’attirer Floribert Chebeya sur le lieu où il devait être assassiné. La preuve en est que le colonel Mukalay a ordonné à son secrétaire Yav Kot de continuer à chercher la lettre destinée à Floribert Chebeya par le général John Numbi. La lettre découverte le 27 mai 2010, le colonel Daniel Mukalay l’a gardée dans une farde pour la remettre à Michel Mwila le 28 mai. Arrivé à l’ONG « La Voix des Sans Voix », Mwila a refusé de remettre la lettre à Olivier Kungwa trouvé sur place. Aussi, il a donné l’impression d’appartenir à l’Inspection générale de la Police nationale congolaise. Sans oublier qu’il a trompé que c’est l’inspecteur général qui l’a envoyé. Le soir du même 28 mai, le prévenu Mwila a appelé Olivier Kungwa à deux reprises pur lui annoncer qu’il venait d’avoir un entretien avec l’inspecteur général.

L’organe de la loi en a conclu que c’est à cause de Mwila que Chebeya savait qu’il sera reçu le 1er juin 2010. Ce prévenu a donc joué un rôle vraiment important. Dans cette association, Christian Ngoy, Paul Mwilambwe et Jacques Migabo sont des exécutants.

Pour sa part, Kitungwa Amisi Georges a eu à poser des actes à protéger l’impunité. La preuve, a soutenu le ministère public, est qu’il est resté avec le commissaire principal Nkuna François de la police scientifique au labo pour veiller à l’effacement des traces. Tout de suite, il a informé le colonel Mukalay qu’on a développé les photos. Sans oublier l’ordre qu’il a donné aux experts de la police scientifique : « Sur ordre du 02, remettez tous les objets trouvés sur le lieu du crime ».

Concernant Ngoy Mulongoy, le ministère public a dit qu’il n’identifie pas, n’enregistre pas à l’entrée principale de l’Inspection générale. Mais curieusement pour le 1er juin 2010, il a pris la place de l’inspecteur adjoint Neema.

Le rôle de Blaise Mandiangu, a poursuivi l’organe de la loi, a consisté à couvrir son commandant de bataillon Christian Ngoy. L’organe de la loi a lâché à son sujet : « Secrétaire, c’est la personne qui retient les secrets du commandant. Il a même donné des ordres à son commandant bataillon intérimaire pour qu’il brûle les cartes SIM ». Le ministère public a conclu que l’association de malfaiteurs s’étend même à des personnes qui ont joué un rôle secondaire ».

(NdlR : Définir les coupables comme « association de malfaiteurs » a pour résultat pratique de « corser la note », c’est-à-dire d’aggraver les peines encourues en cas de condamnation. Il y a d’autant moins de doute, en l’espèce, quant à l’existence d’une « association » que les accusés, en tant que policiers, étaient liées par des liens hiérarchiques bien définis. Mais si l’on prend le réquisitoire dans sa véritable portée, en tenant compte du « grand absent », le général Numbi, chef suprême de la police, on arrive à ceci : même l’organe de la loi est bien obligé de convenir que la police congolaise est, dans son ensemble, une association de malfaiteurs ! NdlR).

© CongoForum, le mardi 12 avril 2011

Written by kipraKongo

2011-04-12 à 15:30

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