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2011.04.06

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La Revue de la Presse Congolaise de ce Mercredi, 2011/04/06 | Par Congo Forum

Les journaux parus ce mercredi à Kinshasa s’intéressent principalement à la signature de la charte de la Majorité présidentielle (MP), acte qui consacre le décès de l’Alliance de la majorité présidentielle (Amp), marquant ainsi un tournant dans les préparatifs électoraux.

Élections/MP

Avec la signature de la charte de la Majorité présidentielle (MP), « La machine électorale de Kabila est lancée », titre à la Une Le Potentiel. En effet, la charte de la MP a été signée mardi 5 avril à Kinshasa par 27 partis politiques et 13 personnalités indépendantes. La machine électorale de Joseph Kabila est constituée et prête à se lancer dans la campagne au premier signal. Toutefois, note le confrère, à ce grand rendez-vous, il a été noté l’absence du Palu et de l’Udemo-alliés de l’ex AMP- de même que l’ARC, un ancien sociétaire de la majorité présidentielle formée en 2006. Apparemment, il n’est pas exclu qu’il ait du grabuge dans l’air dans les jours qui viennent.

Sous le titre : « MP : les hommes de Kabila s’affichent », La Prospérité souligne que le rouleau compresseur pour porter J. Kabila à la magistrature suprême pour un second mandat est d’ores et déjà en marche. En témoigne la floraison de signatures apposées mardi au stade vélodrome de Kintambo au bas de la charte donnant naissance à la méga structure « Majorité présidentielle ».

Pour AfricaNews, qui y voit un nouveau deal, la Majorité amorce un tournant. Le confrère note qu’on prend les mêmes et on recommence. Il rapporte que selon le secrétaire général, la nouvelle plate-forme se veut un véritable rouleau compresseur en vue de garantir au président Kabila la victoire au prochain scrutin présidentiel et une majorité confortable dans les différentes assemblées.

L’Avenir, qui cite le secrétaire général, Louis Kayagialo, indique qu’avec la signature de la charte de la MP, une nouvelle page de l’histoire se ferme, une autre s’ouvre. La MP se fixe comme objectif de resserrer les rangs en vue de faire élire J. Kabila, de poursuivre l’œuvre de la reconstruction, d’instaurer un Etat de droit, etc. Pour être membre de cette plate-forme, rappelle le confrère, il faut être une structure légalement établie (une association ou un parti politique) ou une personnalité politique indépendante.

L’Avenir précise encore qu’au nom de Joseph Kabila, « Yerodia Abdoulaye Ndombasi a porté la charte de la MP aux fonts baptismaux » Dans son discours de circonstance, rappelle L’Avenir, le secrétaire exécutif intérimaire de la MP, Louis Koyagialo, a levé quelques malentendus.  » Il n’est pas question de créer un parti politique, il ne sera pas question  non plus de présenter une liste unique aux élections de novembre, mais il y aura  solidarité afin de barrer la route aux adversaires politiques, ».

Dans le même registre, Le Palmarès fait remarquer que le régime disciplinaire à la MP induit que les partenaires de la plate- forme perdent une large part de leur autonomie. Ils sont désormais à la merci du blâme, de la suspension ou de l’exclusion. A ce rythme, la MP prend carrément les allures d’un parti politique géant, estime ce journal. Une fois engagés, les partenaires ne peuvent plus se dédire sous peine de lourdes sanctions.

(La création du « MP sans R » est manifestement une tentative pour avoir les avantages du parti unique sans en avoir les inconvénients. La « perte d’autonomie » signifie surtout que les adhérents ne pourront plus, à chaque fois que l’on fait appel à eux, renégocier leur appui. Nous avons eu l’occasion à maintes reprises, lors du passage au Parlement congolais de textes ou de décisions difficiles, de mentionner le fait que, lorsque les responsables de l’AMP faisaient allusion à la « discipline de vote », la rumeur publique, elle, évoquait carrément « l’achat des votes ». Cette situation devient, à la longue, pénible. Reste à savoir si plus de discipline ne sera pas vécu comme « étouffant ». Le « MP sans air », en quelque sorte…

Autre question : il avait été question, lorsque la MP était encore à l’état de projet, de n’y admettre que des membres ayant une certaine « surface » en termes de voix et de sièges. Or, on voit reparaître les petits partis et les « personnalités individuelles ». Ce n’est pas illogique en ce sens qu’au Congo, avec la forte « personnalisation » de la politique, la frontière entre « parti » et « individu » n’est pas des plus claires. Mais cette cohabitation entre éléphants et souris m !ne en effet à penser qu’il pourrait y avoir du grabuge dans l’air dans les jours qui viennent. NdlR).

Élections/MLC

ACP annonce que « Dans un mémo adressé à leur Secrétariat général, les hauts cadres du MLC fustigent la torpeur que connaît le parti ».

Le document est long et verbeux, compte tenu des hommages et salamalecs adressés aux uns et aux autres, mais contient un passage important : « A notre humble avis, il s’agira pour les Membres du Collège des Fondateurs :

a. De constater l’empêchement du Président National (Stat. Art. 24, 46, 48) et l’exercice de toutes les attributions liées à cette haute charge par le Président ad intérim (Stat. Art 48) ;

b. D’adresser toute recommandation utile au Bureau Politique, en rapport avec le choix des Candidats du Parti à tous les niveaux (Stat. Art 24) ;

c. De recommander instamment au Président ad intérim de convoquer une réunion extraordinaire du Bureau Politique, en vue de déclencher, le plus rapidement possible, le processus devant permettre au MLC de jouer pleinement son rôle de Parti phare et de locomotive de l’Opposition ».

(On connaît la situation très particulière du MLC, parti dont le Président est en prison. S’il veut figurer valablement aux élections, il lui faut une « locomotive de rechange ». Cei, même dans l’hypothèse où l’Opposition adopterait, explicitement ou tacitement, la tactique du « triangle nucléaire ». Mais cela expose au risque d’être perçu comme « un ingrat qui poignarde dans le dos son père à qui il doit tout », risque encore aggravé par le fait que la base du MLC est fondamentalement dans l’Equateur, alors que les membres de sa haute direction sont pour une bonne part des originaires d’autres régions, venus au MLC après sa transformation en parti politique. Personne n’a eu envie d’être le bouc émissaire qui poserait le geste fatal. On a finalement décidé qu’il serait posé collectivement. NdlR).

Elections/Démocratie

Le Potentiel publie un texte de JP Mbelu « Les élites congolaises et la question de la démocratie », (http://www.congoforum.be/fr/analysedetail.asp?id=176139&analyse=selected pour le texte in extenso).

Extrait : « Il semble que le désir de certaines élites congolaises de répondre positivement à cette rhétorique ne leur a pas permis de questionner « la pratique démocratique » des années ayant suivi la chute du mur de Berlin dans plusieurs pays. Même dans ceux d’où part « la mission démocratique ». Certaines décisions graves ont été prises dans ces pays sans l’aval des citoyens et/ou contre leur opposition. « On pourrait dire que la seule mesure à même de garantir la démocratie serait la capacité des citoyens à révoquer leurs représentants lorsque ceux-ci cessent de les représenter. Ainsi, la volonté du peuple pourrait renverser un gouvernement qui s’apprêterait à entrer dans une guerre en dépit de l’opposition de la majorité des citoyens. Si cette possibilité de « véritable démocratie » avait existé, bon nombre de gouvernements européens se seraient écroulés au début de l’invasion de l’Irak. » (J. GOODY, Le vol de l’histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, Paris, Gallimard, 2010, p.364)

Questionner la pratique démocratique aurait pu conduire à remarquer que même chez « les missionnaires de la démocratie », les principes démocratique, monarchique et aristocratique coexistent au point de rendre la doctrine de la souveraineté populaire obsolète. De plus en plus, les oligarchies liées à la richesse et « les experts monétaires » y dictent la loi. Et ils sont minoritaires !

Quand ces oligarchies liées à la richesse se mêlent des élections prévues dans « un pays tiers », elles organisent leur marketing pour y vendre « leur produit », leur marionnette.

Que certaines de nos élites congolaises puissent croire, encore aujourd’hui, que les élections organisées avec l’argent de ces oligarchies est une garantie à la souveraineté populaire, c’est tout simplement triste. Cela prouve le niveau atteint par l’hégémonie culturelle occidentale dans certains de nos cœurs et de nos esprits. (Qui dit changement des mentalités devrait d’abord viser un travail permanent sur ce cas flagrant du viol de l’imaginaire !)…

Et au niveau de la représentation, cette ploutocratie a écarté nos chefs coutumiers, nos mamans maraîchères, nos paysans, nos jeunes chômeurs, nos mamans commerçantes, nos villageois, etc. Dans les instances où elle se rencontre, la voix de tous ces sans-voix n’est pas audible. Les députés cooptés (après leur élection par le peuple (?)) pour des raisons électoralistes par « la majorité au pouvoir » sont devenus des caisses de résonnance de la « haute hiérarchie ». La remise des élections locales aux calendes grecques est une astuce pour soumettre la majorité de ces laissés-pour-compte au diktat de la minorité des ploutocrates et leurs clients, tous au service des oligarchies d’argent occidentales.

Focaliser nos débats sur « la démocratie » en oubliant toute sa charge idéologique et en évitant de questionner sa pratique quotidienne peut mener à une impasse : la réduction de cette « démocratie » à l’organisation des élections au suffrage universel à un rythme régulier au profit d’une minorité de ploutocrates se moquant éperdument des valeurs universelles fondant l’exercice humain du pouvoir ».

Elections/CENI

Dans son numéro de ce matin, Le Phare constate, dans le cadre de la révision du fichier électoral au Katanga ainsi que dans les deux Kasaï que les agents de la Ceni semblent obéir plus à un pouvoir parallèle qu’au bureau de la Ceni dirigé par Daniel Ngoy Mulunda.

Pendant que ce dernier ne cesse d’affirmer que les cartes d’électeur de 2005 sont caduques et que l’on peut se faire enrôler en présentant son passeport, son permis de conduire ou sa carte d’élève ou d’étudiant,  ou encore 5 témoins des gens enrôlés, c’est le contraire  qui  se passe sur le terrain, indique Le Phare.

Le journal exprime une crainte, celle d’avoir un fichier électoral non transparent et non inclusif et d’un pouvoir parallèle qui interfère dans l’élaboration du calendrier électoral.  Ceci aurait pour conséquence la perte de l’indépendance de la Ceni.

Conclusion: Ngoy Mulunda  se trouve donc devant  le défi  de montrer qu’il a réellement les pleins pouvoirs.

Crash

La Tempête des Tropiques s’attarde sur le crash de N’Djili intervenu lundi en titrant : « la Monusco exige une enquête ».

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Roger Meece s’est rendu, mardi, sur le lieu de l’incident déplorable. Il a exigé une enquête. Objectif : déterminer rapidement la cause de l’accident. Pendant ce temps, le seul survivant, le journaliste Francis Mwamba, sollicite l’aide du gouvernement pour sa prise en charge médicale, indique le journal.

Décès d’Ange Félix Patassé

Du point de vue congolais, la question qui se pose avec la disparition de l’ex-président centrafricain est de savoir si cela aura des répercussions sur le procès Bemba à La Haye. Afrikarabia commente : « Ange-Félix Patassé est également l’un des personnages clés du procès de l’ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors des incursions de ses troupes en République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Les troupes de Bemba étaient effectivement entrées en Centrafrique pour prêter main forte au président Patassé, menacé d’être renversé par François Bozizé. Patassé et Bemba perdront la guerre et François Bozizé s’installe à la présidence centrafricaine.

En délicatesse avec Joseph Kabila après sa défaite au deuxième tour de la présidentielle congolaise de 2006, Jean-Pierre Bemba est obligé de s’exiler au Portugal, puis en Belgique après de violents combats avec les troupes de Kabila dans le centre de Kinshasa en 2007. II est arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 suite à un mandat établi la veille par la Cour pénale internationale sur le dossier centrafricain. Mais Bemba récuse les charges qui pèsent contre lui : il n’était pas présent en Centrafrique pendant les exactions de ses troupes et ne commandait pas directement ses hommes sur place… il manquait donc quelqu’un sur le banc des accusés selon les avocats de Bemba : Ange-Félix Patassé lui-même. Mais l’ancien président n’a jamais été inquiété par la justice internationale… il est désormais trop tard. Ange-Félix Patassé est décédé ce mardi 5 avril 2011, dans un hôpital de Douala au Cameroun ».

(C’est en effet Patassé qui a fait appel aux milices de Bemba pour l’appuyer dans le conflit qui l’opposait à Bozizé. Et, en bonne logique, la question principale du procès aurait dû être « Qui, de Patassé, de Bemba ou de certains subalternes de Bemba, porte la responsabilité principale dans les crimes commis ? ». Tout crime de guerre renvoie à une hiérarchie militaire, c’est-à-dire à une chaîne de pouvoirs et de responsabilités. S’en prendre à un maillon quand les autres sont hors d’atteinte – et qui est davantage hors d’atteinte de la justice des vivants qu’un mort ? – a fort peu de sens. En tous cas, ce décès va certainement rendre la tâche du Procureur Moreno Ocampo encore un peu plus difficile. NdlR)

Prince Laurent

« Kabila n’a pas déboursé un centime pour le prince Laurent » annonce RTL, qui précise : « Ni le président congolais Joseph Kabila ni le Trésor congolais n’ont déboursé un centime pour le voyage du prince Laurent en République démocratique du Congo. Le financement a été effectué par des sponsors privés et des hommes d’affaires, affirme ce mercredi Olivier Kamitatu, le ministre congolais du Plan, au Standaard, sans citer de noms ». « La seule chose que le Congo a fournie, c’est l’accompagnement VIP », souligne M. Kamitatu, qui a invité fin novembre le prince Laurent au Congo. « Ces derniers jours, affirme encore RTL, plusieurs sources mentionnaient le nom du président Kabila comme pourvoyeur de fonds pour le séjour du prince Laurent à Kinshasa ».

(C’est tout simplement faux ! les allusions qui ont été faites parlaient non de Kabila ou de l’état congolais mais de « proches » de JKK. Cette désignation, quand il s’agit d’affaires et d’argent, vise en général le cercle dit « katangais », accusé d’être un « pouvoir parallèle » ou même « perpendiculaire ». Nier ce que personne n’a jamais dit est une bonne manière d’avoir raison à coup sûr.

Reste qu’on peut toujours se demander si cet accompagnement VIP de « sponsors » et autres « hommes d’affaire » cadre bien avec la tâche d’une « ONG humanitaire ». Quant à G. Forrest, accusé perpétuel, il ne serait intervenu dans le transport du prince que parce que celui-ci ignorait que le payement par carte de crédit ne fonctionnait pas en RDC. NdlR)

Poisson d’avril

Le site Le Post, sans doute inspiré par le « poisson » de la RTBF, qui annonçait l’arrivée à Bruxelles d’un magistrat camerounais envoyé par l’ONU pour résoudre les problèmes communautaires, annonce : « Vers une intervention de l’OTAN en Belgique ? »

« Réunis en urgence à Lubumbashi hier après-midi à l’initiative de la RD Congo, l’Organisation du Traité de L’Afrique Noire, OTAN en sigle, envisage de déployer une force d’interposition entre Néerlandophones et Francophones en Belgique.

Voici plusieurs mois qu’à l’issue des élections, les différents partis en tête desquels le Partis Socialiste (Francophone) et la NVA (Néerlandophone) n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la constitution d’un gouvernement. De plus les dernières déclarations des responsables francophones sur la création de la Fédération de Wallonie Bruxelles font craindre d’après l’OTAN la survenue d’un conflit armé entre les deux principales communautés formant l’actuelle Belgique.

Sous couvert de l’anonymat, un diplomate congolais rappelle qu’au siècle dernier, la Belgique avait déjà été le théâtre d’une guerre à connotation raciale. « Il est donc de notre devoir de prévenir pareille situation d’autant plus que beaucoup de Belges, dont la famille royale, pourraient chercher à trouver refuge chez nous » a-t-il renchéri.

Les modalités de déploiement des troupes de l’OTAN ne sont pas encore clairement définies. Pour l’instant, seuls la  RD Congo et le Rwanda sont prêts à envoyer des troupes. Les autres membres de l’Organisation du Traité de l’Afrique Noire se contentant d’affirmer leur soutien logistique et diplomatique.

On semble s’orienter vers un déploiement des troupes dans la région de Bruxelles-Hal-Vilvorde, celle qui matérialise en elle-seule l’incompréhension entre les deux communautés.

« Il importe d’éviter à la Belgique un scénario à l’ivoirienne. Un conflit postélectoral ne devrait pas se régler par les armes » a ajouté un autre diplomate toujours sous couvert de l’anonymat.

Ce sont les rapports historiques particuliers qui unissent à la RD Congo au Royaume de Belgique qui expliquent cet activisme des autorités congolaises. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde à Kinshasa. Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, a déclaré hier à l’AFP je cite: « Il appartient aux Belges de régler leurs problèmes entre eux. Un gouvernement qui a du mal à résoudre les problèmes de son propre peuple ne peut pas se targuer d’aller résoudre ceux des autres, fussent-ils ses anciens colonisateurs ».

Un poisson d’avril gagne beaucoup à être fait le premier de ce mois et non à une autre date. Sinon, comment verra-t-on encore la différence entre les canulars et les informations ?

© CongoForum, le mercredi 6 avril 2011

Written by kipraKongo

2011-04-06 à 10:56

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