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2011.03.29

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La Revue de la Presse Congolaise de ce Mardi, 2011/03/29 | Par Congo Forum

Il est bien sûr question des Élections, que ce soit à propos du conclave du bureau de la CENI à Lubumbashi ou du séchage des plénières par les députés. La Grève des enseignants du primaire et du secondaire, la Tolérance Zéro et les relations Kin/Brazza sont les autres sujets traités par les journaux parus à Kinshasa ce mardi.

Élections

Le Palmarès titre : « Le Président de la Ceni secoue le gouvernement ». Selon ce journal, « Le président de la Ceni a ouvertement menacé de démissionner si le gouvernent ne lui facilite pas la tâche sur le terrain ». Prenant peur, annonce Le Palmarès, l’Exécutif a libéré cinq des dix millions de dollars réclamés par la Ceni. Et d’ajouter : « Grâce à cette avance, la révision du fichier électoral va se poursuivre simultanément dans cinq provinces. La Ceni a compris qu’avec les politiciens, il faut jouer très serré ».

« Présidentielle 2011 : la Ceni maintient le suspense », titre pour sa part Le Potentiel. Depuis le 25 mars, les membres du bureau de la Ceni se sont retranchés à Lubumbashi dans le Katanga pour les derniers réglages en vue du sprint final du processus électoral. De la ville cuprifère, Daniel Ngoy Mulunda a réaffirmé son ambition d’organiser les élections dans le délai constitutionnel, rapporte ce journal. Le Potentiel s’interroge cependant : «  Sur quoi le pasteur-président fonde-t-il sa foi ? Ne serait-il pas en train de créer tout simplement le suspense quand on sait que sa déclaration pourrait bien cacher bien de non-dits ? ».

« La question sur toutes les lèvres est celle de savoir en quoi le calendrier que dévoilera le pasteur Ngoy Mulunda sera différent de celui de M. L’abbé Malumalu ? Le pari qu’il prend n’est-il pas risqué ? Autant de préoccupations qui exigent des réponses rassurantes.

Dès sa prise des fonctions à la tête de la CENI, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda avait annoncé les couleurs. Selon lui, tout devait être fait en demeurant dans le cadre fixé par la loi. Aussi, tenait-il, contre vents et marées, à organiser les élections dans le délai constitutionnel. A Lubumbashi où le bureau de la CENI s’est réuni en atelier, le pasteur-président a réaffirmé son désir de s’en tenir strictement aux dispositions prévues par la loi.

Ces déclarations du président de la CENI appellent des commentaires. Cela au vu des contraintes matérielles, financières et temporelles. Quels scrutins entend-il organiser dans les délais constitutionnels ? Le seul délai constitutionnel clairement défini est celui relatif à l’élection présidentielle. L’article 73 de la Constitution parle de l’organisation du scrutin présidentiel dans les quatre-vingt-dix (90) qui précèdent l’expiration du mandat présidentiel. Aux termes de cette disposition, le mandat présidentiel expire le 6 septembre 2011. Par conséquent, la date butoir pourrait être le 5 septembre 2011.

Ce n’est pas le cas pour les élections législatives. Aucune date n’est clairement avancée. L’article 110 se contente de stipuler que « le mandat du député national ou du sénateur prend fin par expiration de la législature » (alinéa 1). Une disposition qui se veut muette. Autrement dit ouverte quant à la date butoir de ces scrutins législatifs ».

D’où Le Potentiel conclut que : « Le découplage se confirme ».

(Sur la signification que peut avoir le couplage ou le découplage des élections, voir  http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=175838&Actualiteit=selected)

(La discussion sur les dates-butoirs fait un peu penser que le Potentiel cultive, lui aussi, l’art d’enculer les mouches, très pratiqué dans la presse quand il s’agit d’interpréter les lois. Ce que prescrit la Constitution, en pratique, c’est que le nouveau président prêtera serment au plus tard le jour du 5° anniversaire de l’installation du président précédent. Il faut donc que le successeur de JKK prête serment au plus tard le 6 décembre 2011. Pour les législatives, la Constitution n’est pas « muette ».

La « durée de la législature » est aussi, en principe, de 5 ans Le texte ne pouvait être plus précis parce que le mandat législatif, lui, peut être interrompu, par exemple par une dissolution anticipée. De toutes manières, la condition nécessaire dont la non-réalisation bloque tout, c’est l’enrôlement. Celui-ci est possible, si la CENI reçoit les moyens nécessaires pour y procéder dans suffisamment de provinces à la fois. Ngoy Mulunda se démène pour l’obtenir, et il fait très bien ainsi. Toutefois, il faut préciser que ce n’est pas le gouvernement qui peut donner ou refuser les fonds : depuis plusieurs mois, seul le Président peut ordonner un décaissement effectif. La question est donc : JKK veut-il ou ne veut-il pas ?

En l’occurrence, Ngoy Mulunda joue un rôle effectivement positif, même si l’on doit continuer à regretter que l’on ait choisi la mauvaise formule de la CENI « politisée ». NdlR)

« Processus électoral : les députés tentés par la distraction ». Le Phare qui paraît sous ce titre décrit : « Le climat délétère qui prévaut au Palais du peuple depuis l’ouverture de la session ordinaire du Parlement inquiète plus d’un compatriote ».

Pour une session voulue comme celle du rattrapage de tous les retards accumulés dans le traitement des matières en prise directe avec un processus électoral, estime Le Phare, l’absentéisme des députés nationaux est perçu comme un très mauvais signal.

« Assemblée nationale : Le boycottage des plénières se poursuit », titre pour sa part Le Palmarès. Pour expliquer ces reports, indique ce journal, le responsable du protocole de l’Assemblée nationale évoque des raisons techniques, sans les préciser. Ce journal annonce en outre que « les amis de la Majorité dont la plupart n’ont pas été à leur base, en profitent maintenant, parce que tout le temps, ils sont à Kingakati ».

« Plénière à l’Assemblée nationale : un report en  plus » titre Le Potentiel qui souligne : « aucune raison n’a été avancée officiellement pour l’énième report de la plénière prévue lundi à la Chambre basse du parlement. Reste à savoir comment le bureau, indexé par tous compte s’y prendre au regard du volume des matières inscrites dans cette session ».

« Le report des plénières inquiète certains députés », selon La Référence+. Ce journal constate : « Le nombre de sièges vides dans la salle des congrès du Palais du peuple laisser à penser que le députés n’ont plus le cœur à l’ouvrage. Interrogés, beaucoup d’entre eux ne se sont pas voilés la face, affirmant qu’ils se sont déjà lancés dans la campagne électorale ».

L’Observateur, qui évoque aussi la «  Désertion des plénières à l’Assemblée nationale » y voit plutôt une affaire de gros sous. « Des députés revendiquent leurs indemnités de sortie », écrit-il. « Alors qu’on était sûr de voir organisée la plénière de l’Assemblée nationale prévue pour ce lundi 28 mars après trois reports de suite, le public venu hier au palais du peuple assister à cette plénière a tout simplement été surpris d’apprendre, à travers un communiqué qu’elle était de nouveau reportée.

Et cela fait déjà le quatrième report consécutif en l’espace de deux semaines après l’ouverture de la toute dernière session ordinaire de l’Assemblée nationale intervenue le 15 mars. Et pourtant, le calendrier de cette session tel que communiqué par le président de la chambre basse, Evariste Boshab dans son discours d’ouverture de ladite session, a fait état de 79 matières que l’Assemblée nationale se doit de traiter et épuiser jusqu’au plus tard le 15 juin prochain, date à la quelle prend fin l’actuelle législature.

(Il est fort possible que les raisons invoquées par les différents journaux cités soient toutes vraies et convergent. Le démarrage prématuré de la campagne électorale, puis l’annonce par la MP qu’elle comptait serrer nettement plus qu’en 2006 le « robinet à finance » poussent maints députés à se soucier du financement de leurs campagnes. Pour faire rentrer des sous, une prolongation de la session parlementaire serait bien sûr bienvenue. Comme il est nécessaire de faire passer un certain nombre de textes en vue des élections, cela pourrait déboucher sur des « séances marathon » et des votes à la va-vite, occasion non seulement de prolongations mais aussi de « stimulants matériels » – en langage cru « matabiches » – ce qui n’est pas forcément pour déplaire au pouvoir. Voir le vote « à la hussarde » de la révision constitutionnelle.

De son côté, l’Opposition, qui craint des  réformes de la loi électorale en sa défaveur, verrait sans doute volontiers celles-ci ne pas se produire faute de temps. Chacun aurait ainsi ses propres (mauvaises) raisons pour traaîner les pieds… NdlR)

Tolérance Zéro

Le Cimat Tempéré titre « la LICOCO rappelle d’autres cas d’abus des biens publics ». La Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption, LICOCO, interpelle les instances judiciaires au sujet des «personnes impliquées dans des cas de détournement des deniers publics et corruption». Dimanche 27 mars, cette organisation cible quelques affaires déjà connues de l’opinion, mais non sanctionnées: le Premier ministre actuel de la RDC, la ministre du Portefeuille et l’ancien ministre des Finances (Athanase Matenda), l’actuel président de l’Assemblée Nationale (Evariste Boshab), l’ancien ministre des Infrastructures, Travaux Publics et de la Reconstruction, dossier des 13 Parlementaires contre l’ancien Directeur des Impôts, l’ancien ministre de l’Agriculture, Pêche et Elevage, l’actuel Premier Ministre et l’ancien ministre des Finances (Athanase Matenda) sur le dossier SODIPROD. (Communiqué de presse http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=175880&Actualiteit=selected).

Le même journal constate : « Dossier ADPI & KMPG RDC et RVA : Deux ministres femmes s’empoignent ». Lors de l’examen des lois sur la restructuration des entreprises du portefeuille de l’État, plusieurs députés avaient prédit que l’on avait pris avec ces nouveaux textes une garantie sûre pour des ennuis sans nombre. Deux ans après l’entrée en vigueur de la réforme, on bafouille toujours, les résultats restent mitigés. On se rappelle que dans l’ancienne loi applicable aux entreprises publiques, les critiques les plus acerbes étaient formulées autour de la double tutelle des ministères sur les entreprises, présentée comme source de bien des maux. On croyait l’affaire réglée, mais pas du tout. Le poids des tutelles continuent de peser sur l’épanouissement des entreprises.

Dans un certain nombre de dossiers relatifs aux entreprises transformées en sociétés commerciales, il apparaît que la tutelle financière du ministère du Portefeuille n’émet pas toujours sur la même longueur d’ondes avec la tutelle des ministères techniques.

Le propos est illustré une fois de plus ici par ce qui se passe dans le dossier d’assistance technique pour la stabilisation des activités de la Régie des voies aériennes « RVA ».

On se rappellera que le contrat N° 70/COPIREP/SE/08/2008 avait été signé à cet effet, sous l’autorité du gouvernement, entre le COPIREP et le Groupement ADP ingénierie et KMPG RDC. Ce contrat, financé pour un coût de 3.145.700 euros, est arrivé à échéance le 12 décembre 2010. On s’en souvient, tout se déroulait comme si quelque part l’on voulait prolonger ledit contrat par tacite reconduction. Il fallut que le Premier ministre Adolphe Muzito s’interposât pour décréter la fin du contrat par sa lettre du 21 décembre 2010.

L’on se rappelle encore l’effervescence qui gagna la RVA où l’ADG Jean Assice semblait vouloir se cramponner à son fauteuil, au mépris de la décision établissant la fin du contrat ADP Ingénierie &KMPG RDC. Ce qui eut pour effet de susciter la colère du personnel de la RVA qui déclencha un mouvement d’arrêt spontané du travail pour contraindre l’ADG libano-français à entendre raison. Depuis lors, les destinées de l’entreprise sont prises en mains par un cadre congolais, le professeur Okana. Et tout vogue dans la quiétude. Mais voilà que de nouvelles turbulences viennent pointer à l’horizon.

Il circule en ce mois de mars des documents qui font réfléchir. Il s’agit de l’Avenant N°1 au Contrat de services de consultants N°70/COPIREP/SE/08/2008. Cet avenant a été conclu par le COPIREP et le groupement ADPI&KPMG RDC pour proroger de 6 mois la mission du groupement ADPI et KMPG RDC en rapport avec l’assistance technique à la stabilisation des activités de la RVA.

Une chose frappe d’emblée. Le document est endossé par trois parties : le gouvernement, le consultant en l’occurrence ADPI&KMPG RDC ainsi que le client, soit le COPIREP. Pour la partie ‘gouvernement’, seule figure sur le document la signature de la ministre du Portefeuille. La place de la deuxième signature est vide.

La ministre des Transports et Voies de communication, Marie Laure Kawanda n’a pas apposé sa signature sur le document. Pourtant, l’Avenant lui a bien été transmis par le secrétaire exécutif du COPIREP, Ilunga Ilunkamba, comme l’atteste clairement la lettre N°690/COPIREP/SE/05/03/2011 du 21 mars 2011. Il y est demandé à la ministre des Transports assumant la tutelle technique de RVA « de vouloir bien faire parvenir dans les meilleurs délais huit des neuf exemplaires signés et paraphés par vous à l’adresse de la COPIREP ».

Sur cet Avenant, l’on constate par ailleurs que la ministre du Portefeuille, Jeanine Mabunda, a quant à elle signé le 17 mars 2011. Des méchantes langues ironisent qu’elle aurait même signé avant le COPIREP à qui elle a envoyé le dossier pour aval. Mais, pourquoi Laure Kawanda n’a–t-elle pas signé ? De source proche du dossier, l’on apprend que la ministre des Transports ne comprend d’abord pas que la lettre N°RDC/GC/PM/1150/2010 par laquelle le Premier ministre notifie aux parties prenantes la fin du contrat ADPI&KMPG RDC à l’échéance du 12 Décembre 2010 soit demeurée sans réaction de la part de sa destinataire, la ministre du Portefeuille. Elle note que le contrat initial a été réalisé sous la responsabilité du gouvernement de la République, et ne s’explique pas que la prolongation soit initiée par le COPIREP.

Ce faisant, observe-t-elle, l’on viole les instructions du Premier ministre, chef du gouvernement ayant pris acte de la fin du contrat conclu entre ADPI&KPGM RDC pour la stabilisation de la RVA. Pour la ministre des Transports, l’avenant au défunt contrat N°70/COPIREP/SE/08/2008 aurait dû requérir d’abord l’aval du gouvernement. Faute de quoi, cet avenant est nul, non avenu et de nul effet. La ministre des Transports, Laure-Marie Kawanda, fait donc remarquer à sa collègue du Portefeuille, Jeanine Mabunda, qu’elle n’avait pas à donner son accord à cet avenant sans s’en être référée au chef du gouvernement.

Sans non plus que le nouveau contrat n’ait eu à bénéficier d’une préparation requise par la mise à contribution de l’expertise interne de la RVA ainsi que des autres partenaires ayant manifesté leur intérêt à la relance de la RVA. Or, telles étaient entre autres les recommandations de la lettre du Premier ministre.

Comme on le voit, les dissonances entre ministres continuent à être le lot du gouvernement Muzito. Qui peut y mettre fin ? Il faut que Kabila arrête les dégâts. Il faut que l’on sache à la fin qui entête certains ministres contre leur chef de gouvernement. C’en est trop !

Grève

« Grève des enseignants : L’examen d’Etat 2011 en péril ». Le Palmarès qui propose ce titre précise que « cette grève qui a démarré depuis le vendredi 25 mars 2011 a pris effectivement de l’ampleur lundi dans la capitale. Les écoles catholiques qui ont rejoint le mouvement ont donné de la couleur à cette grève. A tout considérer, le bras de fer entre les enseignants et le gouvernement n’a pas encore dévoilé ses pans ». Voilà, craint ce journal, qui fait planer une incertitude autour de l’organisation des l’Examen d’État 2011.

« Grève dans les écoles catholiques : l’intersyndicale et le ministère de l’Epsp créent une commission ad hoc », titre pour sa part La Référence+. Pour faire face à cette situation, poursuit-elle, et éviter une perturbation des cours et une désinformation des enseignants, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel, dans le cadre de sa politique de dialogue, a invité les syndicats à venir discuter franchement sur les raisons du mouvement.

Kin / Brazza

Dans LE BILLET, Le Climat Tempéré perçoit une « Odeur de crise! » entre Kin et Brazzaville. D’aucuns ont encore en mémoire que dans les premières années de la décennie 70, le régime Mobutu s’était ouvert deux fronts. D’une part, le fameux conflit historique État-Église. D’autre part, la brouille permanente avec le régime socialo-communiste du Congo-Brazzaville. On se rappelle en effet que la dimension socio-politique de la pensée et de l’action de Joseph Malula, archevêque de Kinshasa, avec comme leitmotiv la justice distributive et la lutte contre l’injustice sociale et la pauvreté, heurta profondément le pouvoir autocratique de Mobutu. Le combat se cristallisa en un duel au sommet entre le chef de l’État et l’archevêque de Kinshasa.

Les secrets de l’Histoire révèlent que Mgr Malula, victime d’une campagne agressive d’intimidation et d’isolement orchestrée par le pouvoir Mobutu, n’échappa que d’extrême justesse à une exécution programmée. La guéguerre se termina par l’éloignement d’un des protagonistes. Malula fut ainsi envoyé en exil forcé à Rome, d’où il reviendra six mois plus tard, à la suite de l’intervention diplomatique et personnelle du pape Paul VI. L’autre fait caractéristique des années 70’, disais-je, c’est la brouille avec Brazzaville.

Face à la succession des tentatives de coups d’Etat qui accablaient le régime socialo-communiste de Marien Ngouabi, Brazzaville n’avait de cesse de pointer Kinshasa. Ce qui eut le don d’installer les deux pays dans une véritable guerre de nerfs dont un des symboles marquants fut la célèbre « carte blanche » de la Voix du Zaïre que déclamait avec délectation la belle voix d’Alphonse Mavungu Malanda Mamomngo, en début de chaque édition du journal radiotélévisé.

Une quarantaine d’années après, le pouvoir Kabila a-t-il résolu replonger la RDC dans ce tourbillon de relations délicates entre l’Église et l’État, d’une part, et entre les deux rives du Congo, d’autre part ? Des observateurs craignent fort que l’on n’en prenne le chemin.

Si demain l’Église catholique s’avisait de répliquer à la réplique que le ministre de la Communication et des médias a réservée la semaine dernière à une autre réplique des évêques de la RDC au sujet d’une réaction que le même porte-parole du gouvernement avait eue après les propos du Cardinal Monsengwo sur l’inopportunité de la révision constitutionnelle des janvier dernier , l’on sera parti pour la gloire. Sans entrer dans ces querelles surannées sur les relations entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, il faut tout de même dire qu’il faut toujours tourner sa langue 7 fois avant de s’attaquer, non pas à un individu, mais à une institution. Surtout lorsqu’elle a le poids de la toute puissante Église catholique. Et dès lors qu’une prise de position risque d’apparaître comme un assaut lancé contre des symboles, il faut faire gaffe. On ne s’attaque pas aux symboles.

Et parlons franchement, un pays fragile comme l’est la RDC post-conflit ne saurait s’affubler de déchirements mettant en mouvement un domaine aussi irrationnel et de passion que celui de la religion. Dans les années 70’, au plus fort de la gloire, Mobutu et son MPR pouvaient s’autoriser ce genre de crise. En serait-il de même en 2011 pour Kabila et son AMP composite qui veulent concourir pour renouveler un pouvoir arrivé en terme de mandat ? Allons donc !

Quant aux rapports entre la RDC et le Congo, l’on sait que depuis le week-end, notre ambassadeur à Brazzaville, Mme Esther Kirongozi a regagné Kinshasa, obéissant à un rappel avec effets immédiats décidé par le ministre des Affaires étrangères. Le communiqué n’a pas précisé s’il s’agissait d’un rappel d’ambassadeur arrivé, pour une raison ou une autre, terme de sa mission diplomatique. Ou si ce rappel d’un ambassadeur représentait une de ces subtilités diplomatiques visant à signifier au pays accréditaire un mécontentement prononcé. C’est en tout cas cette hypothèse –ci qui prévaut dans l’opinion. Parce que ces derniers temps, le Congo d’en face a été cité dans quelques coups perpétrés contre la sûreté de la RDC. Les assaillants du 27 février dernier seraient venus notamment de Brazzaville.

La soixante-dizaine d’hommes de Munene arrêtés dernièrement dans le Bas-Congo avaient leur base arrière au Congo-Brazzaville. Recherchés ici, le général Munene et le général Enyele Ondjani avaient trouvé refuge au Congo, où Sassou Nguesso reste pourtant opposé à leur extradition après les avoir arrêtés. Pourquoi les avoir arrêtés si l’on ne peut pas les livrer ? Quelle infraction les deux généraux ont-ils commis au Congo ? La position du Congo est paraît mal assurée. Il semble que les discussions politiques devraient permettre de déboucher sur un arrangement convenable pour les deux pays. Dans ce cas, le rappel de l’ambassadeur Kirongozi serait plus un moyen de pression que le prélude à une véritable crise entre les deux États.

Tout bien considéré, les seuls éléments évoqués ici ne valent pas que l’on déclenche une crise diplomatique. Il y aurait quelque incohérence. Le Rwanda a refusé de nous livrer Nkundabatware, on y a célébré l’envoi d’un ambassadeur. Brazzavillle refuse de nous livrer Faustin Munene, nous y retirons notre ambassadeur. Comme un enfant reprend ses billes ! Non, il faut arrêter l’escalade. A moins qu’il y ait d’autres raisons que la raison d’État ne permet pas de dévoiler !

© CongoForum, le mardi 29 mars 2011

Written by kipraKongo

2011-04-01 à 12:11

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