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Chômage des jeunes en Afrique

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Par Raphaël MVOGO | (Xinhua)

Alors qu’ils représentent 37% de la population active, selon des études, 60% de jeunes en Afrique sont sans emploi, une situation qui nourrit des inquiétudes de sorte que les ministres du Travail de l’Union africaine (UA) ont engagé vendredi soir à Yaoundé leurs gouvernements à rechercher les financements nécessaires pour résoudre ce problème.

Sous le thème « promouvoir l’emploi pour la cohésion sociale de la croissance inclusive en Afrique », la 8e session de la Commission du travail et des affaires sociales de l’UA traduite par deux jours de réunion ministérielle à la suite de trois jours de travaux d’experts a été sanctionnée par une déclaration sur l’extension de la protection sociale aux travailleurs de l’informel et du monde rural.

Ces deux secteurs, comparativement au secteur public, mobilisent une importante main d’oeuvre jeune. D’après les estimations, environ 70% de la population jeune vit dans des zones rurales. Avec une valeur moyenne de 80% de nouveaux emplois et de 42,3% d’apport au Produit national brut (PNB) en Afrique subsaharienne, l’économie informelle set reconnue comme un réservoir majeur de création d’emplois sur le continent, en particulier pour les jeunes et les femmes.

Expert en emploi au centre régional du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Dakar au Sénégal, Koffi Dominique Agossou a estimé à Xinhua que « la problématique des jeunes est très cruciale. Les événements de la Tunisie, de l’Égypte, etc. le démontrent. Actuellement, on peut considérer que la problématique des jeunes, surtout le chômage des jeunes est comme une bombe qui, à un moment donné, si on ne la désamorce pas, va exploser ».

« Les jeunes ont plusieurs problématiques qui justifient le chômage, entre autres il y a la formation professionnelle. Actuellement, on remarque que les formations que les jeunes ont ne sont pas nécessairement adéquates avec ce que les employeurs veulent. Donc, il y a une certaine inadéquation entre l’offre et la demande de l’emploi », a précisé ce fonctionnaire onusien, recommandant une réforme des curricula.

« Nous encourageons, a-t-il relevé par ailleurs, les programmes nationaux de certification pour l’éducation et la formation professionnelle et technique. En Afrique de l’Ouest par exemple, nous appuyons la CEDEAO à formuler un tel cadre pour pouvoir faciliter la mobilité des jeunes, parce que, lorsqu’un jeune quitte par exemple le Cameroun il faudrait que, arrivé au Tchad ou en Namibie, ses compétences soient reconnues ».

Pour la promotion de l’auto-emploi des jeunes, le centre régional du PNUD exécute depuis 2009 un programme d’un montant de 24 millions USD dont 17 millions déjà mobilisés, avec l’Espagne comme bailleur de fonds principal. Ce programme qui couvre 12 pays d’Afrique subsaharienne parmi lesquels le Malawi, le Lesotho, le Mozambique, le Kenya et des pays d’Afrique de l’Ouest, consiste à financer des microprojets.

« Pour l’instant, c’est un programme de deux ans, mais étant donné que la problématique de la cohésion sociale et de l’emploi des jeunes devient cruciale dans toute stratégie de réduction de la pauvreté, on espère que ce programme sera amélioré », a souhaité M. Agossou.

Délégué de l’association « Ensemble bâtissons l’avenir » et responsable du Réseau des jeunes et adolescents en population et développement, Salomon Fouapon a décrié « le fait que la fonction publique ne crée pas d’emplois, c’est plutôt l’amélioration du climat des affaires qui peut permettre à ce que les investisseurs arrivent au Cameroun ».

Pour ce jeune Camerounais, le problème de l’emploi des jeunes se pose à la fois en termes de qualité et de quantité, parce que les emplois disponibles sont précaires. « Des quantités, on n’en trouve pas assez. Sur les 25.000 emplois que l’État (camerounais) offre à la jeunesse (cette année), on peut multiplier les demandes qui sont faites par 10.000. Ça veut dire que les 25.000 emplois, ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer ».

Le directeur général du Fonds national de l’emploi (FNE) du Cameroun, Camille Mouté à Bidias, a pour sa part préconisé que, comme solution à l’emploi des jeunes, « la première des choses, c’ est de créer des activités économiques, créer des entreprises, tout mettre sur la création des richesses. Plus vous créez des richesses, plus vous créez des entreprises, plus vous créez des emplois et les jeunes vont trouver du travail ».

Autre proposition qui rejoint celle de M. Agossou, c’est de  » faire en sorte que des jeunes qui doivent travailler sur des métiers précis aient les compétences pour ces métiers-là. Pour arriver à tout ça, ça demande toute une organisation, d’abord au niveau institutionnel, des moyens très importants à mobiliser, parce que ça coûte très cher ».

« Personne ne peut nier que l’emploi des jeunes est une épine et que c’est un fléau. Des pays comme la Norvège ont fait des tunnels à la main. Au lieu d’enlever une motte de 1.000 mètres cubes avec un Caterpillar, on peut enlever à la main », a encore avancé M. Mouté à Bidias pour qui aussi le secteur de l’agriculture est un créneau porteur.

« Le milieu rural est très beau et il regorge d’opportunités d’ emplois. Ici au Cameroun, on le fait. Vous savez que nous avons des programmes comme le PADER dans le monde rural ; il a beaucoup aidé les jeunes à s’insérer. Nous avons un autre programme que le Cameroun a mis en place avec le PAJER-U et d’autres programmes qui ont été développés, le PIASSI, etc. », a-t-il observé.

A l’instar de l’ingénieur informaticien camerounais Jacques Bonjawo, auteur d’un livre intitulé « Internet, une chance pour l’ Afrique », Diadié Touré, conseiller au Bureau de zone de l’Union internationale des télécommunications(UIT) de Dakar a vanté les technologies de l’information et de la communication comme une niche d’emplois pour les jeunes africains.

« Nous avons la conviction que les nouvelles technologies de l’ information et de la communication, c’est le principal vecteur qui peut effectivement développer l’emploi. Je prends un exemple : par l’avènement du mobile, d’Internet, vous savez combien de gens vivent aujourd’hui grâce à ces deux technologies ? On peut faire des statistiques, mais c’est incalculable. Le mobile a fait plus de progrès en un laps de temps en Afrique que sur les autres continents », a commenté M. Touré.

Selon lui, « aujourd’hui, sans un emploi de qualité, il est difficile d’avoir un emploi rémunérateur ». C’est dire l’importance et la nécessité du renforcement des capacités, qui concourt à  » donner des chances à des hommes, des femmes, des jeunes afin d’ acquérir des connaissances qui leur permettront plus tard de postuler à des emplois et d’avoir les compétences nécessaires pour gagner ».

Dans ce domaine, a expliqué le conseiller, l’UIT a développé  » des centres d’excellence à travers l’Afrique et à travers le monde qui, justement, enseignent ces technologies de l’information et de la communication. Nous avons également développé des centres d’enseignement à l’Internet et nous avons une plateforme d’enseignement à distance ».

Written by kipra

2011-04-20 à 14:29

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