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Élections 2011 : le bruit et la fureur

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Par Tshitenge Lubabu M.K.

Comme dans une fable racontée par un idiot, le processus électoral en RDC avance, s’arc-boute, recule, serpente, s’égare, repart dans un dédale de pièges à vous rendre fou. Nous sommes pourtant à deux semaines des élections présidentielle et législatives.

On a dit : élections libres et transparentes, élections apaisées. Promis, juré. Car le peuple congolais, faute de manioc, d’eau potable, d’emplois, a faim, a soif de démocratie. D’accord. On a dit : tous les candidats vont signer un code de bonne conduite afin que tout se passe comme dans le meilleur des mondes, dans la dignité et le respect mutuel. Sauf que ces bonimenteurs ont oublié l’essentiel : éduquer leurs partisans, s’éduquer eux-mêmes pour comprendre qu’une élection n’est pas une guerre civile mais une simple compétition entre vendeurs de vent. Ils ont oublié que la démocratie est d’abord tolérance, écoute de l’autre. Que le meilleur moyen de l’instaurer, de la préserver, de l’ancrer dans les esprits n’est pas le recrutement de loubards, de gros bras, d’armoires à glace pour faire sauter la cervelle de ceux qui ne partagent pas leur point de vue.

Laisser les forces de l’ordre réprimer de façon très peu républicaine ceux qui usent de leur droit à manifester ou empêcher toute marche de l’opposition pour des raisons partisanes n’a rien de démocratique, pas plus que se rassembler sans avoir obtenu l’aval des autorités compétentes, ou, plus grave encore, appeler ses partisans à se faire justice ou dénier à un Congolais le droit d’être candidat où il veut. Que veulent tous ces apprentis sorciers ? L’unanimisme ?

Le climat de violence instauré par des politicards de tout bord est un crime contre la majorité des Congolais, qui aspire à la paix. Multiplier les incidents, les affrontements, les morts, les enlèvements, les embastillements à la tête du client, c’est préparer le terrain pour des incidents futurs. Nul ne peut prévoir leur ampleur. La stratégie du passage en force ou de la contestation de mauvaise foi est une solution bancale.

Il est temps que tous les candidats se ressaisissent et respectent les règles du jeu. Qu’ils s’envoient tous les noms d’oiseaux à la figure, peu importe. Qu’ils vendent aux électeurs des promesses auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes, c’est la loi du genre. Mais se transformer en incendiaire dans un pays meurtri pour accéder au pouvoir, ou le conserver, est irresponsable. Cette terre n’a plus besoin de bruit ni de fureur. Elle a besoin du choc des idées afin que jaillisse la lumière. Au bout du petit matin, aurait dit Aimé Césaire.

Référence : 2011 Jeune Afrique

Written by kipra

2011-11-18 à 11:52

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