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Légitimité mise en mal

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Dr Lambert Opula | Interland

Lorsque l’armée rwandaise entreprenait d’envahir le territoire congolais en septembre 1996, soit six ans après le discours du 24 avril 1990 sur la démocratisation de notre cadre de vie institutionnel, les politiciens congolais réalisaient déjà, malgré eux, des avancées vers la tenue des premières élections démocratiques, qui étaient sensées satisfaire le besoin tant ressenti d’un gouvernement légitime, ce qui constituait une exigence pour gagner le pari de la sécurité et de la reconstruction du pays.

En ce mois octobre 2010, soit au terme de 14 ans de massacres, de mégestion et de scrutins truqués, les masses congolaises et leurs élites autochtones découvrent, d’abord, le gap qui existe entre une « légitimité» attribuée et  une « légitimité» acquise, ensuite, elles reconnaissent ainsi l’existence d’un lien entre une situation de non légitimité et l’établissement d’une atmosphère de terreur.

Si la légitimité attribuée résulte habituellement des urnes, la légitimité acquise est plutôt le reflet de la qualité du gouvernement, autrement dit, elle découle de la quantité et de la qualité des services publics dont le gouvernement est capable de fournir aux contribuables. S’il est évident qu’il existe un lien rigide entre, d’une part, la légitimité acquise, celle qui émerge en tant que  produit de l’action sur le terrain d’un régime politique et, d’autre part, l’évolution vers une société durable, on ne peut en dire autant entre la légitimité attribuée  et une société durable. Autrement dit, la légitimité issue des élections qui est constatée comme un intrant à l’entrée du système doit être validée à l’épreuve des interactions entre les gouvernants et le peuple à travers leurs obligations en termes de services régaliens réellement offerts au peuples.

La situation devient plus critique lorsque, non seulement la légitimité constatée ou électorale a été hypothéquée par un désaccord ou une tricherie sur le résultat dès le départ et qu’ensuite  les gouvernants s’avèrent incapables d’assumer leurs fonctions de régulation, de sécurisation, de stabilisation macroéconomique et de distribution des revenus et services.

En RDC, sous Joseph Kabila, non seulement tout cela a échoué, mais aussi, les centres de  décisions les plus hautement placés sont tous expatriés, le peuple qui a enduré des multiples massacres pendant les deux guerres de l’AFDEL est de plus humilié, la terreur s’érige en style de gouvernement (réf : Colette Braeckman)  et la corruption devient une règle de conduite.

Qu’il s’agisse de l’entrée des armées étrangères sur le territoire nationale, de la maltraitance des populations ou de la localisation de grandes infrastructures nationales, les instructions doivent venir du Rwanda qui s’assure que le tout viendrait en contribution du développement socioéconomique de ce pays. Ainsi, alors que la légitimité escompté des urnes a été mise en mal par des interventions étrangères depuis 2007,  la légitimité que Joseph  Kabila devrait acquérir par la qualité de son travail est à jamais compromise.

Comme aucun peuple au monde ne peut s’accommoder de sa trahison par ceux qui assument la charge, des fronts de refus du processus de contrôle du territoire congolais émergent de partout. Décontenancé par l’effet domino de cette réaction populaire, le pouvoir de Kabila panique. Ses nerfs ont craqué : assassinats et arrestations à un rythme accéléré. Tout ceci témoigne de sa faiblesse et de son énervement ainsi que de la confusion qui règne dans ses rangs.

Kabila et ses apparatchiks perdent le contrôle des rouages du pouvoir à vue d’œil. Le régime pourrait même s’effondrer avant les élections à cause de ses contradictions internes devenues trop frappantes.  La terreur que vit le peuple aujourd’hui n’est rien d’autre que le début d’une atmosphère de fin de règne qui est ressentie dans les cercles rapprochés du pouvoir.

Les Congolais ont hâte de vivre l’instant sublime de rétablissement de la légitimité gouvernementale brutalement interrompue par le néo-colonialisme belge en janvier 1961.

19/10/2010, Dr Lambert Opula, HINTERLAND.

Written by kipraKongo

2010-10-19 à 23:10

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