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Génocide : rapport du HCDH — gare au retour de la manivelle

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Par Guy De Boeck | Congo Forum | 2010.09.07

Le rapport du HCDH a jusqu’ici fait l’objet surtout de commentaires axés sur le Rwanda. EN effet, il recense les exemples de massacres qui se sont multipliés en 1996 et qui étaient en majorité dirigés contre des réfugiés hutu.

Dans le village du Luberezi, 200 hommes ont été tués après avoir été rassemblés sous prétexte d’être rapatriés au Rwanda ; à Bwegera, 72 réfugiés rwandais ont été brûlés vifs ; à Tebero, 760 personnes ont été abattues.

Le rapport, d’après Le Monde, mettrait en évidence que les victimes du génocide de 1994 auraient appliqué des méthodes génocidaires semblables à celles dont ils furent les victimes. Le document fait état de « la nature systématique, méthodique et préméditée des attaques contre les Hutus (qui) se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l’AFDL/APR, sur une très vaste étendue du territoire. » Kigali éructe et crie au « négationnisme ». Un argument dont Paul Kagame use régulièrement.

Victoire Ingabire, à la tête des Forces démocratiques unifiées (FDU), parti d’opposition qui n’a pas reçu d’agrément officiel, s’est vue accusée le 21 avril d’idéologie de génocide, de divisionnisme et de négationnisme pour avoir demandé à ce que les soldats du FPR, coupables de crimes de guerre contre les citoyens hutus soient traduits en justice. « Les Hutus qui ont tué les Tutsis doivent comprendre qu’ils doivent être punis. Il en va de même des Tutsis qui ont tué les Hutus. », a-t-elle déclaré en janvier devant le Mémorial du génocide des Tutsis, situé sur la colline de Gisozi à Kigali. Depuis 2008, une loi punit de dix à vingt-cinq ans de prison « l’idéologie du génocide », un texte « rédigé en termes vagues et ambigus (…) qui muselle de manière abusive la liberté d’expression », selon Amnesty International.

Voilà pour le Rwanda et l’aspect « rwando-rwandais » des choses. Sous cet angle, il en ressort une fois de plus que Kagame est un personnage sinistre et inquiétant, mais est-ce là, vraiment, une nouveauté ou une révélation ?

Sous l’angle congolais, et même « congolo-congolais » les questions que l’on se pose ne sont pas moins intéressantes. Elles sont même cruciales mais, comme elles sont en partie historiques, elles sont aussi politiques. (L’histoire est la politique d’hier et la politique d’aujourd’hui est l’histoire se faisant…) Cela leur donne un aspect passionnel qui certes anime le débat mais empêche par moment d’avoir la vue claire !

Il est clair que la phrase sur « la nature systématique, méthodique et préméditée des attaques contre les Hutus (qui) se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l’AFDL/APR, sur une très vaste étendue du territoire » a deux conséquences : être « systématique, méthodique et prémédité » et s’en prendre à un groupe ethnique, « les Hutus », c’est être génocidaire. Mais il faut aussi remarquer l’expression « par l’AFDL/APR » qui semble reposer sur l’idée que l’AFDL congolaise et l’APR rwandaise n’étaient qu’une seule et même chose et que les Congolais y jouaient même le rôle principal, puisque dans le signe « AFDL » vient en tête.
Il faut se rappeler à ce sujet qu’une autre enquête internationale, dirigée par Roberto Garreton, a été d’abord  autorisée, puis priée de déguerpir par Laurent Kabila parce que l’on avait découvert que cette enquête démarrait avec l’a priori de « tout mettre sur le dos des Congolais ».

Cela amène à une question encore non résolue, celle de la « Guerre de Libération » et c’est hélas ici que la politique s’en mêle et brouille passablement les cartes. En effet, à tort ou à raison, un certain nombre de Congolais veulent faire dépendre la légitimité (ou l’illégitimité) du pouvoir actuellement en place à Kinshasa de la légitimité (ou son contraire) de l’action de l’AFDL visant à renverser Mobutu par la force.  Ce débat, qui offre déjà en soi de larges possibilités passionnelles, est encore « pimenté » du fait qu’une belle brochette de dignitaires du régie actuel s’y trouvent plus ou moins « mouillés » et surtout que l’actuel Président congolais a été impliqué dans cette guerre, y compris dans certains cas dans les zones et aux dates où des massacres auraient eu lieu.  Il est vrai que cela donne à l’imagination l’occasion de s’envoler et d’imaginer, par exemple, Kabila et Bemba réunis à la prison de La Haye et faisant l’un comme l’autre la grimace devant la cuisine hollandaise…

Il faut se montrer prudent et nuancé avant de jeter la pierre à l’opposition congolaise, même si son attitude est antihistorique. Elle a certes tort de faire flèche de tout bois, surtout que ce bois est parfois véreux et pourri, mais elle est aussi tentée par toute opportunité, même douteuse, parce que le pouvoir en place a d’ores et déjà démarré une campagne électorale qui ne dit pas son nom et compte visiblement persister en ce sens, s’offrant ainsi une campagne unilatérale d’une bonne année minimum, à laquelle ses adversaires ne peuvent répliquer. Il est difficile, dans ces conditions, de résister à l’envie de faire un coup vicieux, en guise de « réponse du berger à la bergère ».

Il s’agit fondamentalement de choisir (et puisqu’il s’agit d’histoire de choisir de manière motivée par des raisonnements ou des documents indubitables) entre deux descriptions de la « guerre de l’AFDL » ou, éventuellement, d’en présenter une troisième qui puisse résoudre les contradictions existant entre les deux premières.

Version n° 1 : En 1996, la situation politique à l’intérieur du Zaïre était bloquée. Mobutu avait réussi à transformer la CNS en un caucus de bavards et à en opposer les participants les uns aux autres. Laurent Kabila et l’AFDL ont donc recouru à l’action armée. Is ont bénéficié d’un soutie du Rwanda qui était surtout destiné à se concilier l’occident, que le passé « communiste » de Laurent Kabila inquiétait. Ce fut donc une guerre de libération, livrée et gagnée par l’AFDL.

Version n° 2 : En 1996, la « transition mobutiste » aurait pu mener à une véritable démocratisation, même si l’on perdait énormément de temps à éviter les chausse-trappes du dictateur. La guerre a été avant tout le fait du Rwanda, avec dans ses bagages quelques fantoches (l’AFDL) qui leur servaient de passeport et dont ils comptaient se servir pour contrôler la RDC à travers un pouvoir-marionnette. En 1996 a donc lieu une première invasion rwandaise qui, bien sûr, n’est pas une libération.

Il est à remarquer que des Congolais, et non des moindres, ont déjà formulé des propositions médianes entre ces deux extrêmes. Ainsi, en 1997, Tshisekedi a-t-il durant un temps parlé de deux combats parallèles de l’opposition à Mobutu : la lutte armée avec l’AFDL et la lutte politique non-armée  avec l’opposition intérieure non-violente. Il ne garda cependant pas cette position bien longtemps.

Il est rare toutefois qu’on recherche une telle conciliation. En général, c’est plutôt « les Romains s’empoignèrent » et ceci, en fait, bien plus à propos de la légitimité du régime  de Joseph Kabila que de ce qu’a pu dans le passé faire Laurent. Mais cela ne mène jamais bien loin car on se heurte alors à une autre impasse : on sait depuis belle lurette qu’il y a eu des massacres à Pweto, Tingi-Tingi, Makobola et autres lieux, et on se ferait un plaisir d’en attribuer la responsabilité à l’AFDL en général et à Joseph Kabila en particulier. Mais, pour en arriver là, il faut que le commandement militaire ait appartenu à l’AFDL, non aux Rwandais. La thèse de « l’AFDL génocidaire » (ou au moins de « l’AFDL massacreur ») oblige à accepter la thèse de la « Guerre de Libération ». Or, les anti-Kabila sont aussi, bien sûr de chauds partisans de la « guerre rwandaise ». Mais il va de soi que si les AFDL n’ont jamais été que des figurants ou des supplétifs, ils n’ont pu avoir de responsabilités importantes. On se trouve alors dans un cercle vicieux mais il faut bien remarquer que l’on s’enferme dans ce cercle non pas à cause des faits historiques eux-mêmes, mais de l’usage polémique que l’on veut en faire. Au lieu de chercher à reconstituer ce qui s’est passé, on essaye d’obtenir  la version qui correspond aux options politiques que l’on a : soit une AFDL immaculée, patriotique et révolutionnaire dont rien ne vient entacher l’éclat, soit une invasion rwandaise où malgré tout les gens de l’AFDL, quoique serviles « petits boys » des Rwandais, seraient malgré tout les grands coupables dans les affaires de massacres. Ces deux thèses sont aussi impossibles l’une que l’autre.

Comment dégager non pas LA vérité, mais au moins une voie pour approcher de la vérité, en a dégageant de la gangue des polémiques ?

Première remarque : Polémiquer sur la légitimité des institutions actuelles à partir de la guerre de l’AFDL n’a tout simplement aucun sens. Certes, on peut discuter, sur le plan du droit ou de la politique, de la légitimité d’un gouvernement mis en place par un soulèvement ou par la force, et même se servir pour cela de l’AFDL comme une « étude de cas ». Avec un peu de chance, cela fera un intéressant séminaire pour les juristes ou les historiens. Mais en ce qui concerne le gouvernement congolais, il a été décidé lors du dialogue inter-congolais et à l’occasion des Accords de Sun-City, que la question de légitimité était mise à plat et que le seul gouvernement à pouvoir se dire « légitime » serait celui qui sortirait des élections. Celles-ci constituent donc un point de départ absolu, les différentes parties congolaises au débat ayant convenu qu’entre la mort de Lumumba et les élections de 2006, il n’y a pas eu de pouvoir congolais qui ait pu se dire « légitime ». Cela peut être discutable historiquement mais il y a eu à ce sujet un accord politique signé par toutes les parties en cause et, politiquement, il n’y a pas à y revenir.

Deuxième remarque : on peut aussi écarter de la discussion la querelle de vocabulaire qui concerne la « guerre de libération ». Il n’y a aucune raison d’exiger que la « libération » conduise à une liberté parfaite et sans entrave ou à une transparence démocratique d’une parfaite limpidité. Toute la question est que l’acte libérateur mette fin à une oppression. Personne ne discute le fait que durant la II° guerre mondiale, les pays occupés d’Europe ont été libérés par les Alliés, même si ceux-ci n’ont pas été dépourvus d’arrière-pensées ! Une intervention étrangère n’est donc pas une raison pour nier le caractère libérateur d’une guerre, pour peu que celle-ci mette fin à un régime oppressif et odieux.

Quant au caractère « révolutionnaire » de ces événements, il tient non à la présence ou non d’étrangers, mais à la volonté d’accomplir des changements fondamentaux.

Enfin, la question de la légitimité ne se posant pas et la notion de « guerre de libération » ne faisant pas problème si elle est posée correctement, il reste l’objection que la « libération » n’aurait mené qu’à une nouvelle dictature. Ce fut, entre 1997 et 2001, l’un des thèmes favoris de la presse occidentale, notamment belge.

Or, le déroulement des événements entre ces deux dates montre tout au contraire que le grand tort de Laurent Kabila fut au contraire de ne pas mettre en place ce qui s’imposait : un gouvernement autoritaire chargé de la « démobutisation », avec notamment la confiscation au profit de la collectivité de tous les biens mal acquis sous le régime de l’Etat-MPR, et la déchéance de tous droits politiques pour toute personne ayant eu une fonction de quelque importance dans ce régime. Au lieu de quoi on eut la « révolution-pardon » et le retour en force des cadres du mobutisme dès qu’ils en virent la possibilité. Si on avait « dénazifié » l’Allemagne comme Kabila a « démobutisé » le Congo, en 1950, Göring aurait pu être Chancelier de l’Allemagne fédérale !

Ces sources d’erreur et de simplisme étant écartées, il faudrait réexaminer la guerre de l’AFDL d’un œil moins passionnel et en admettant que même si elle a amené au Congo la libération du régie Mobutu, elle n’a pas toujours été une guerre « propre » et que par certains aspects, elle a même été une guerre très « sale ».

C’est cet aspect « très sale » qui fait aujourd’hui l’objet du rapport du HCDH et les Congolais devraient d’ores et déjà prendre garde aux pièges  qu’il peut contenir pour eux, même si bien sûr un rapport qui met Kagame en fureur a tendance au premier abord à les réjouir.

On devrait d’urgence (c’est le minimum de la vigilance), se poser des questions comme celles-ci :

  • pourquoi dans l’assemblage AFDL/APR, le sigle congolais vient-il en première place ?
  • pourquoi, d’ailleurs  AFDL/APR et non « AFDL et APR », choix qui postule que l’on privilégie l’hypothèse d’une fusion très étroite entre les deux forces.
  • pourquoi les victimes sont-elles considérées d’office comme « Hutu » ? où sont les morts congolais ? même à titre collatéral, il a dû y en avoir !
  • pourquoi s’est-on arrêté à 2003, alors que les massacres continuent ?

Il est d’autant plus opportun d’ouvrir l’œil à cet égard, que l’ONU a accepté de reporter la publication officielle du rapport (les « fuites » concernaient un « brouillon ») et va entretemps discuter (appelons les choses par leur nom : marchander) avec Kagame. D’où cette autre question : les « défauts » et « bizarreries » citées plus haut ne sont-elles pas des « pierres d’attente », c’est-à-dire des points à propos desquels après avoir paru « très objectivement » viser le Rwanda, on s’empressera dans la version « revue et corrigée » d’en faire une « affaire intérieure congolaise », évitant ainsi du même coup de donner des crampes digestives à Kagame et de devoir mettre sur pied un tribunal international.

Laurent Kabila lui-même a fait des déclarations sur ces massacres, qui reviennent à peu près à dire que les Congolais n’y ont joué qu’un rôle de fossoyeurs et de nettoyeurs. L’ennui, c’est que ces paroles ont été prononcées après la rupture avec le Rwanda et sont donc sujettes à caution. Et cela ramène à la surface la question sempiternelle et lancinante : « Quels étaient les rapports entre AFDL et APR ? »

En 1996, on savait depuis longtemps que les FAZ étaient un « tigre de papier ». La question n’était pas de les vaincre, mais de ne pas être soi-même vaincu ensuite par une intervention extérieure. Cela supposait une bénédiction au moins tacite des Etats-Unis, que l’on pouvait obtenir en se rapprochant de « vedettes » de la « New African Renaissance » comme Kagame et Museveni. Il était bien sûr évident que Kagame demanderait quelque chose en retour.

Bien sû, il y a le mythe des « Accords de Lemera », entièrement basé sur la traduction, publiée autrefois par Salongo d’un passage d’une publication écossaise citant un texte certainement partiel et peut-être apocryphe qui contient des passages peu clairs que l’on peut interpréter comme une promesse de cession d’une part de territoire et qui serait un extrait de ces accords. Laurent Kabila, de son côté, prétendait qu’il n’y avait eu aucun accord sur papier et que tout avait été décidé verbalement entre lui-même et Kagame, en l’absence de tout tiers. (Mais, même remarque que plus haut, ces propos ont été tenus in tempore suspectisimo.)

Il y avait certainement chez Laurent Kabila une certaine dose de naïveté due à une confiance excessive dans la fraternité panafricaine et dans la solidarité révolutionnaire. Mais il ne pouvait certainement pas être naïf au point de s’imaginer que Kagame l’aiderait pour rien. D’autre part, la « vente » d’une partie du Congo se heurte, non seulement à l’inconsistance des « preuves » de l’existence des accords de Lemera, mais à une improbabilité psychologique très forte. Même les ennemis de LDK lui reconnaissent un ardent patriotisme. Et l’intégrité du territoire en est partie intégrante.

On peut donc émettre l’hypothèse parfaitement crédible que Kagame ait demandé non des territoires (ce qui ne vut pas dire qu’il n’ait pas eu des idées de ce genre, déjà, dans la tête) mais a exigé que l’APR puisse pénétrer au Congo avec l’AFDL et y procéder à la « liquidation » des réfugiés rwandais. On a certainement recouru à quelques périphrases diplomatiques, mais on peut quand même supposer que LDK avait au moins quelques soupçons quant à la nature exacte de la « sollicitude » du Rwandais pour ses compatriotes Hutu. Comme il ne s’est pratiquement jamais rendu dans les zones d’opérations, on ne peut guère supposer qu’il ait mis « la main à la pâte », mais il est aussi difficile de le croire lorsqu’il prétend avoir été « surpris » par les massacres.

Quant à l’exécution de ce plan, il est fort possible, probable même, que l’APR ait agi seule (quitte à laisser peut-être certains travaux de « pompes funèbres » à l’AFDL) pour la simple raison qu’il s’agirait de trier et d’identifier des gens (qui bien sûr essaieraient de se dissimuler) suivant des critères ethniques. Dans aucun pays d’Afrique, on n’aurait l’idée saugrenue de confier ce genre de tâche à quiconque d’autre que des nationaux ! Pour massacrer ses compatriotes, l’Africain ne fait pas appel à la main d’œuvre étrangère.

Mais LDK devait en être suffisamment au courant pour que se pose, dans son cas, la question d’une certaine complicité.

Reste, pour la bonne bouche, la question de l’implication de Joseph Kabila. Celle-ci repose sur le fait que le jeune Joseph, à la formation militaire plutôt rudimentaire, a été subitement « bombardé » à une fonction importante dans l’armée de l’AFDL. Soit incidemment, passer aussi vite de simple soldat à général est le type même de la « carrière de fils à papa » et prouve au moins, si pas la filiation de JK, du moins que Laurent Kabila avait beaucoup d’affection pour lui.

Charles Onana, qui n’est vraiment pas de nourrir une sympathie excessive pour Kabila, ni pour les Tutsi, fait état de propos de James Kabarebe, préparant son « poulain » à passer pour le « vainqueur de Kisangani » qui monte en JK un parfait empoté, ahuri et maladroit au dernier degré. Bref, Kabarebe se trouvait dans la position d’un homme qui va devoir présenter un poulet en prétendant que c’est un aigle.

En bonne justice, on ne peut lui attribuer plus de responsabilités qe ce que valaient ses facultés d’autorité et de commandement à l’époque, fort proches de zéro…

© Guy De Boeck pour CongoForum, le mercredi 8 septembre 2010

Written by kipraKongo

2010-09-07 à 21:54

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